Le leader du Muvman Liberater (ML), Ivan Collendavelloo, est intervenu hier lors d’un congrès nocturne tenu par son parti dans la salle des fêtes de la municipalité de Vacoas/Phoenix à l’intention de ses sympathisants des circonscriptions 15 et 16. Selon lui, il est « tout à fait normal » que le Parti travailliste soit le plus grand opposant au Good Governance and  Integrity Reporting Bill, car « premyer ki pou gagn beze ladan, se PTr li-mem », ajoutant : « Zot pa kapav explike kot zot dimounn inn gagn sa kantite dibyen-la dan sink banane ki zot dan pouvwar. Be li normal ki zot revolte. » Les autres intervenants au congrès ont abondé dans le même sens.
Ivan Collendavelloo est revenu sur les raisons l’ayant poussé à quitter le MMM en avril 2014 et a fustigé son leader, Paul Bérenger. Il a rappelé s’être joint à l’Alliance Lepep « pou netoye pei ». Et de noter que le Good Governance and Integrity Reporting Bill a précisément cet objectif. Il a rappelé que l’ex-Premier ministre, Navin Ramgoolam – chez qui la police avait trouvé des coffres-forts contenant Rs 220 millions –, a refusé de donner des explications quand à la provenance de cette somme. Aussi est-il d’avis que ce dernier « doit le faire », ajoutant : « Se tou se ki sa lalwa-la dir, se explike kot ine gagn lamone. Si ou pa kapav explike, nou dir sesi ou dibyen. Se la cour ki saisi et donn sa malere. Ki ena move ladan ? » Il cite aussi le cas de « dimounn ki ti pe vann kotomili dan karo lalian », poursuivant que « dan lespas un an, ine vinn proprieter sato dan Floreal ». Il ajoute : « Fode ou ena enn fortin pou la lwa aplike. »
Ivan Collendavelloo précise toutefois que la confiscation ne se fait pas « aussi simplement », précisant que « le cas passe devant un juge ». Les différentes étapes menant à cette confiscation avaient d’ailleurs été expliquées un peu plus tôt par le député Ravi Ratna.
Alors que d’autres intervenants ont tenté de rassurer l’assistance que « les petites gens, soit les marchands de dholl puri, entre autres, ne seront pas touchés par cette loi », Ivan Collendavelloo insiste : « Si ene marchan pistass ena de loto, trois Mercedes, ene sato en Espagne ou en Croatie, et ki ziz deman, lwa explik li vinn explike, dir comie pistas line vande, si line kokin, si line fer trafik ladrog. Ava saisi so dibyen. Si li pale explike, saizi so dibyen et met dan fon. » Le leader du ML trouve « inacceptable » que, d’un côté, des malheureux soient victimes de saisies sous le Sale by Levy alors que, de l’autre, « kriminel gagn lamone ».
Soulignant que le PTr sera « le premier » à être sous le coup de cette loi, il avance que le MMM ne peut pas non plus s’élever contre parce que son leader « a, entre autres raisons, besoin du député du PTr Shakeel Mohamed pour maintenir son poste de leader de l’opposition ». Et de lancer : « Bérenger prisonyer, linn amare ar PTr, linn tape, linn lake », lance-t-il. Le  leader du ML a ensuite fait l’éloge du ministre de la Bonne gouvernance Roshi Badhain, affirmant qu’il est « un des ministres les plus intelligents et travailleurs que Maurice a eus depuis longtemps ».
Pour lui, la loi est « simple à comprendre ». Il explique : « Si vous n’avez rien volé, vous n’avez aucune raison d’avoir peur. Seuls ceux qui se sont enrichis à travers la fraude, la corruption, les vols et le trafic de drogue doivent avoir peur. »
Sur un autre volet, Ivan Collendavelloo a dit « prier » pour que les débats à l’Assemblée nationale soient diffusés en direct à la télévision « au plus vite » pour que « zot guet Ivan maz ek Bérenger ». Le leader du ML et ministre des Utilités publiques a par ailleurs annoncé la création d’emplois dans le secteur des énergies renouvelables. « La population pourra alors bénéficier gratuitement d’énergies propres à travers des appareils ayant une durée de vie de 20 ans », dit-il. Eddy Boissézon devait, quant à lui, rassurer ceux qui ont « trik triké en donnant des leçons particulières ou en touchant des loyers » en leur disant « de ne pas avoir peur », de déclarer leurs revenus à la Mauritius Revenue Authority et « de payer une petite amende et de régler ce qu’ils doivent pour être en ordre ».
Le président du parti, Anil Gayan, a pour sa part estimé que « des organisations comme le Bar Council agissent comme des agents politiques », ajoutant qu’elles « font des déclarations en faveur du PTr ». À ce propos, il n’a d’ailleurs pas épargné le président de cette instance, Me Antoine Domingue, en commentant un article paru dans un journal hier. Il a également fustigé « Dawood Rawat, Bangaleea, Nandanee Soornack et Navin Ramgoolam ». Les députés Fowdar et Benydin, ainsi que les conseillers municipaux élus sous la bannière du ML ont également pris la parole au congrès nocturne.