Les Mauriciens consomment trop de sel, l’un des facteurs de risque de l’hypertension. Or réduire sa consommation de sel de 10g à 5 g diminue de 23 % le risque d’avoir une thrombose et de 17 % la prévalence des maladies cardio-vasculaires, selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « L’hypertension évolue silencieusement. Bien que facile à diagnostiquer elle n’est découverte que lorsque surviennent des complications », constate le ministre de la Santé Lormesh Bundhoo.
Les études épidémiologiques effectuées depuis 1987 montrent que l’incidence de l’hypertension est très élevée dans la population. La plus récente enquête datant de 2009 indique que 38 % des Mauriciens âgés entre 20 et 74 ans souffrent d’hypertension. Les décès dus aux maladies cardiaques et thromboses dues à l’hypertension représentent 31,1 % de tous les décès à Maurice. Les études consécutives de 1987, 1992 et 1998 indiquent que l’hypertension est responsable de 49,7 % des décès sur un échantillon de 9 959 personnes.
« La réduction du sel dans l’alimentation est considérée comme l’intervention la plus économique et efficace pour prévenir les maladies non transmissibles », a-t-il déclaré lors d’un congrès régional réunissant 10 pays d’Afrique anglophone sur la réduction du sel dans l’alimentation qui s’est déroulé ces trois derniers jours au Méridien à Pointe-aux-Piments. Le ministre de la Santé a indiqué que son ministère a préparé un protocole sur la consommation de sel en consultation avec le Baker IDI Heart and Diabetes Institute of Australia, le National Public Health Institute of Finland et le Department of Endocrinology and Metabolism of Newcastle de Grande Bretagne. Des relations de travail ont eu lieu avec l’Université de Maurice. Selon des estimations basées sur l’importation et la production locale des produits salés, la consommation de sel par tête d’habitant à Maurice est beaucoup plus élevée que celle recommandée par l’OMS, indique le ministre de la Santé.
Lormus Bundhoo a annoncé que son ministère développera des stratégies de réduction de sel en collaboration de l’OMS notamment dans les secteurs de l’industrie alimentaire en fixant les taux de sel les plus bas possibles dans les produits commercialisés, en réglementant l’étiquetage pour permettre aux Mauriciens de choisir les aliments les moins salés et en éduquant les consommateurs.
Le ministère de la Santé rendra public bientôt une étude effectuée auprès de 200 Mauriciens âgés de 30 à 59 ans dans dix régions. Le ministère a initié par ailleurs une enquête sur la consommation de sel par habitant. Selon lui, les principales sources de sel consommé proviennent des aliments industriels, des restaurants et des fast food.
Le ministère de la Santé indique par ailleurs que ses cliniques mobiles de dépistage des maladies non transmissibles visent à atteindre 100 000 personnes chaque année. Quelque 25 000 collégiens sont touchés annuellement par le « school health programme ». En outre cinq unités de dépistage digital des maladies de la rétine ont été ouvertes dans cinq régions. Des tobacco cessation clinics ont également ouvert leurs portes dans cinq régions et à Rodrigues.