Le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval prévoyait ce matin de « brief » ses collègues du conseil des ministres sur l’affaire de l’arnaque de Rs 700 millions. C’est ce qu’indiquaient des sources autorisées aux Finances. La principale cible de Xavier-Luc Duval semble être les autorités régulatrices, en l’occurrence la Financial Services Commission et la Banque de Maurice.
« En ce qui concerne le rôle et la responsabilité des institutions régulatrices, j’ai demandé au secrétaire financier, Ali Michael Mansoor, de préparer un rapport sur les mesures prises pour prévenir contre de tels agissements », a déclaré en substance le ministre des Finances dans la conjoncture. Il a exprimé le souhait que le préjudice de cette arnaque financière soit inférieur à Rs 700 millions, chiffre qui n’a pas été contesté dans les milieux de l’enquête du Central CID jusqu’ici.
De son côté, le gouverneur de la Banque de Maurice, Manou Bheenick, multiplie les déclarations dans une tentative de rassurer le grand public et le secteur financier. D’emblée, il renvoie la balle dans le camp de la Financial Services Commission en soulignant que « la Banque centrale a eu vent de cette affaire depuis quelque temps déjà et nous avions référé l’affaire aux autorités concernées car la banque n’est pas la seule autorité dans le domaine financier à avoir juridiction dans cette affaire. Il est important de souligner qu’elle ne supervise que les banques, les institutions non bancaires autorisées par elle à accepter des dépôts du public, ainsi que les bureaux de change. Les institutions autorisées à accepter des investissements du public sont réglementées par la Financial Services Commission ».
Le gouverneur de la Banque centrale, qui confirme avoir rencontré une centaine de personnes se présentant comme étant des victimes potentielles de ces cas d’escroquerie, ajoute que « c’est à la suite de ce communiqué que toute cette affaire a été propulsée sur le devant de la scène. D’après nos informations, il semblerait qu’il y ait un réseau bien rôdé qui opère avec la participation des professionnels de la finance, entre autres. Cependant, il est de notre devoir d’attirer l’attention du public qu’à partir du moment où le contrat entre le déposant et la compagnie a été signé, les parties sont soumises aux termes du contrat. »
En marge du scandale White Dot International Consultancy Ltd et du fait que d’autres entités opèrent en contravention aux lois régissant les banques et les finances, les autorités ont émis une sévère mise en garde contre la Power Masters Entrepreneurs Cooperative Credit Union Ltd, accusée de s’engager dans des « alleged malpractices » au sujet de la gestion des fonds de ses membres.
Un communiqué émis officiellement, hier, confirme que « the cooperative society has been under strict control, i. e. all official banking transactions are being vetted by the Registrar of Cooperative Societies ». Le public est avisé de prendre les précautions nécessaires lors des transactions avec la Power Masters Entrepreneurs Cooperative Credit Union Ltd car des sanctions sont à prévoir contre ladite société.