La réunion ministérielle de l’Indian Ocean Rim Association (nouveau nom pour l’Indian Ocean Rim — Association for regional Cooperation) a été l’occasion de construire davantage le régionalisme sur le momentum créé par l’Inde, a déclaré au Mauricien le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, qui avait dirigé la délégation mauricienne à Perth durant le week-end dernier. La réunion a vu l’élection du ministre australien des Affaires étrangères, Julie Bishop, à la présidence du conseil ministériel. C’est l’Indonésie qui assure la vice-présidence alors que l’Afrique du Sud a été désignée pour accéder à la vice-présidence dans deux ans.
Pour la première fois, à l’initiative de Julie Bishop, une retraite ministérielle regroupant les chefs des délégations a été organisée pour débattre de la mise en oeuvre pratique de l’agenda de l’association. Une attention spéciale a été accordée à la question de l’empowerment de la femme dans la région de l’IORA.
Arvin Boolell a exhorté pour sa part que l’IORA, au sein de laquelle se trouve quatre membres du groupe G20 à savoir l’Australie, l’Afrique du Sud, l’Inde et l’Indonésie, insiste auprès l’Organisation mondiale du commerce pour la relance du cycle de développement de Doha sans remettre en cause les points sur lesquels il y a eu un accord. Parmi les points qui méritent une attention spéciale figure, la trade facilitation, les pays les moins avancés, le special and differential treatment et l’agriculture avec en ligne de mire la question de sécurité alimentaire.
Le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, a soutenu que le seul point noir au tableau c’était lorsqu’il a été obligé de rappeler à l’ordre le représentant de la Grande-Bretagne qui avait parlé des Chagos comme un BIOT.
Dans le sillage de l’Economic and Business Conference organisée par l’IORA à Maurice, le conseil des ministres a approuvé deux propositions, à savoir l’établissement d’une Virtual University of the IORA Region et l’Ocean Science Observatory.
La création de la Virtual University de la région de l’IORA cadre avec l’esprit de l’Immigration circulaire dans le sens où le mécanisme approprié pour la reconnaissance mutuelle des diplômes dans les 20 pays membres sera mis en place. Les activités de cette université seront coordonnées par un institut dont le siège sera à Maurice. « C’est la première fois que les États membres de l’IORA adoptent à l’unanimité l’institution d’un mécanisme qui sera connu comme l’IORA Open University », a déclaré Arvin Boolell. L’Université organisera des cours non conventionnels. Des liens seront établis entre les centres d’excellence de la région de l’IORA et ceux du continent africain.
D’autre part, les ministres ont également approuvé la création d’un Ocean Science Observatory. Le principal objectif de cet observatoire sera de rendre les informations sur les paramètres océaniques accessibles à tous les pays membres de manière à explorer au maximum le potentiel de l’économie océanique. Il a été convenu qu’un réseau centré sur les questions océaniques sera développé à travers un protocole d’accord sur la création d’un collaborative enhanced observatory system.
Le conseil des ministres a arrêté six domaines prioritaires de coopération à savoir la sécurité maritime et la piraterie, la réduction de risque de désastre, la facilitation du commerce et de l’investissement, la gestion des pêches, la coopération académique, scientifique, technologique, les échanges touristiques et culturels.
S’agissant de la simplification de l’appellation de l’association régionale, le communiqué final estime que « la nouvelle appellation constitue un nouveau pas, signifiant la volonté de consolider l’association et son travail ».
Le communiqué final fait la part belle à la sécurité dans l’océan Indien. « We wish to broaden and deepen efforts through IORA to bolster maritime security and safety, particularly in light of continued threats to maritime commerce, and freedom of the high seas, consistent with the UN Convention on the Law of the Seas (UNCLOS) ; as well as on the safety of sea farers. We look to the upcoming Indian Ocean Dialogue in India to explore, inter-alia, concrete options to enhance counter-piracy cooperation, including through improved maritime information-sharing arrangements and stronger national legal capacity and laws », souligne le communiqué.