Mgr Maurice Piat, évêque de Port-Louis, et Mgr Ian Ernest, évêque de Maurice, expriment chacun, dans des correspondances séparées, leur « peine » et leur « tristesse »  au sujet des propos tenus par M. Somduth Dulthumun, président de la Mauritius Sanathan Dharma Temples Federation, selon lesquels l’Église catholique aurait la mainmise sur le Conseil des religions. Pour Ian Ernest, il s’agit de « calomnies » à l’égard de ce Conseil tandis que Mgr Piat, lui, trouve que M. Dulthumun « soupçonne gratuitement sans aucune évidence ».  
Dans une lettre ouverte hier après-midi, adressée au président de la Mauritius Sanathan Dharma Temples Federation, Mgr Piat dit avoir été « surpris et peiné » par les « accusations » que ce dernier a faites à l’encontre de l’Église catholique. « C’est très décourageant pour l’avenir de l’île Maurice de vous entendre, vous homme religieux, soupçonner gratuitement, sans aucune évidence, l’engagement désintéressé de l’Église catholique dans le travail de rapprochement et de bonne entente entre les religions du pays », écrit l’évêque de Port Louis. Il soutient que les élections du président de ce Conseil ont toujours eu lieu « dans la transparence ». Et de souligner qu’il n’y a jamais eu de pression sur qui que ce soit pour nommer le père Philippe Goupille à plusieurs reprises à cette fonction. « C’est de leur plein gré qu’ils ont élu le père Goupille. »
Le chef de l’Église défend le travail accompli jusqu’ici par ce membre de son clergé dans cette fonction. « Je sais par expérience tout le surcroît de travail que représente cette présidence pour le père Goupille. Il ne s’est épargné aucun effort pour maintenir la cohésion au sein du Conseil et trouver des sponsors qui acceptent de financer les dépenses du secrétariat. Le père Goupille est un vrai patriote, qui a lutté pour contribuer à mettre ensemble les atouts des différentes religions au service de la nation mauricienne », dit le chef de l’Église catholique.
Mgr Piat ne manque pas aussi de mettre l’accent sur le caractère gratuit du travail accompli par les membres de ce Conseil. « Vous devez savoir que ni le président, ni les membres ne touchent quoi que soit pour leur participation aux travaux du Conseil. Ces membres s’engagent tous au nom de leur foi respective et travaillent de manière désintéressée pour favoriser le dialogue entre les religions et promouvoir la paix dans le pays. Il serait très regrettable que, par ces propos, le soupçon s’infiltre dans les esprits et mine le travail du Conseil des religions, qui s’avère vital pour notre pays. »
Le chef de l’Église catholique avoue à M. Dulthumun qu’il a été « blessé » par ses remarques, mais lui dit aussi qu’il reste « ouvert pour un dialogue qui restaure la paix ».
L’évêque anglican, dans une lettre adressée hier aux membres de ce Conseil des religions, qualifie les propos du Président de la Mauritius Sanathan Dharma Temples Federation de « calomnies ». « Les calomnies à l’égard du Conseil des religions, dont j’ai été un membre fondateur, ne font pas honneur à l’intégrité de la nation mauricienne, qui est multiplurielle », dit-il. L’évêque de Maurice affirme que ce Conseil, qui existe depuis plus de dix ans, « n’a pas été une plateforme où des mots pieux ont été exprimés », mais qu’il a agi comme un « catalyseur en vue de consolider cet esprit
de collaboration et d’unité si nécessaire », selon lui, à la « stabilité de la société » mauricienne. « Le Conseil a pris une part active dans plusieurs aspects de notre vie ensemble », affirme l’évêque de Maurice, citant en exemple la contribution de cette instance à la campagne de sensibilisation des Mauriciens pour « plus de compassion et de compréhension » à l’égard de ceux et celles qui sont affligés par le sida. Il souligne aussi la prise de position de ce Conseil pour la sauvegarde des valeurs familiales. Ce dernier ajoute que tous les membres ayant fait partie du Conseil jusqu’ici « ne sont pas que des représentants de leur propre religion » et qu’ils « sont avant tout des patriotes, des Mauriciens qui possèdent une passion inestimable pour que l’île Maurice puisse toujours être cette nation arc-en-ciel, cette salade de fruits qui émerveille et qui donne le goût de vivre ».
Pour avoir été parmi ceux ayant posé les jalons de ce Conseil des religions, l’évêque affirme que celui-ci est ouvert à toutes les associations socioreligieuses qui veulent en être membres. Mgr Ian Ernest ajoute cependant qu’il est requis de ceux qui en font partie « un soupçon de bonne volonté, d’intégrité et de passion désintéressée ».