Après avoir boudé le Conseil des Religions (CDR) depuis 2011, la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation a finalement désigné son représentant pour y siéger. Pour rappel, au mois de mai dernier, Somduth Dulthumun avait fait une sortie virulente contre l’église catholique qu’il avait accusée d’avoir « une mainmise sur ce conseil » à travers le père Philippe Goupille qui en est le président. Le CDR termine l’année avec des nouveaux membres dont huit co-opted auprès de l’exécutif mais qui n’ont pas le droit de vote. Par ailleurs, les dirigeants de ce Conseil feront dans la semaine une rétrospective de l’année 2013 au plan social. En attendant, le père Goupille souhaite un sursaut dans la population par rapport à l’augmentation de la violence et à toute forme d’abus envers des enfants.
Depuis peu, huit ordinary members du Conseil des Religions ont été nommés co-opted members auprès de son comité exécutif qui comprend dix membres élus — la majorité étant des membres fondateurs. Cette organisation enregistrée auprès du Registrar of Associations veut, d’une part, élargir davantage son conseil d’administration mais devrait apporter quelques amendements à sa constitution et de l’autre, avoir de nouveaux membres en vue d’une plus grande représentativité des religions présentes à Maurice. C’est ainsi que ses dirigeants discutent depuis quelque temps avec la communauté juive et la communauté sikh pour une éventuelle adhésion. Soulignons que l’église orthodoxe fait partie de ces huit co-opted members. Selon la constitution du CDR, ce sont des religieux qui doivent siéger au conseil d’administration.
Cette volonté d’ouverture serait-elle liée aux attaques du président de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation (MSDTF) qui visait directement l’église catholique et qui avait provoqué l’indignation dans plusieurs milieux. « Pas du tout. Je voudrais souligner que la MSDTF n’a jamais été exclue du CDR mais qu’elle avait choisi de ne pas déléguer un représentant pour la place qu’elle a laissée vacante depuis 2011 », répond Jonathan Ravat, PRO du CDR. Au sein de ce conseil, on a déjà tourné la page sur l’épisode “Dulthumun”. « Nous voulons tenir compte de toutes les dominations religieuses et spirituelles du pays dans le but d’intensifier nos démarches de dialogue interreligieux pour l’avancement de notre République et pour faire avancer les grandes causes du pays », explique le PRO au sujet de l’arrivée des nouveaux membres.
Lors d’une présentation officielle de son comité exécutif prévu la semaine prochaine, le Conseil des Religions fera une rétrospective de l’actualité mauricienne en 2013. Dans ce registre, Philippe Goupille souligne la recrudescence de la violence sous toutes ses formes dans le pays, et comme beaucoup de Mauriciens, dit son inquiétude à ce sujet. Pour le président du CDR, ce nouveau cas de meurtre survenu durant la semaine écoulée à Curepipe et qui aurait été commis par une fillette de dix ans pour se défendre, aurait dû provoquer un sursaut général dans le pays. « Cette affaire aurait dû nous interpeller sur les vraies causes qui provoquent une dislocation des familles. On a eu les assises sur l’éducation et sur d’autres sujets ces derniers temps ; à quand donc des assises pour analyser le dysfonctionnement de la société ? », s’interroge le père Goupille.
Il est bon de savoir que c’est l’ancien Comité des Sages créé en 1994 qui a évolué en un Conseil des Religions en 2004 à la suite de la visite à Maurice de Kofi Annan, l’ancien Sécrétaire général des Nations unies. Ce dernier était à Maurice dans le cadre de la conférence internationale sur les Petits États insulaires en Développement. le CDR fêtera ses dix ans l’année prochaine mais cela fait vingt ans que ses fondateurs se connaissent et travaillent ensemble pour le respect des sensibilités religieuses et pour la construction de la nation mauricienne. « Nous ne sommes pas un comité de revendications », tient à souligner le père Goupille qui en est un des membres fondateurs.