Le Conseil des Syndicats, qui regroupe six des sept fédérations syndicales du pays, réclame une compensation salariale de l’ordre de Rs 950 à tous les travailleurs. Il demande aussi des négociations tripartites réelles entre le gouvernement, le patronat et les syndicats. C’est ce qu’a déclaré le président de ce Conseil, Toolsyraj Benydin, lors d’une conférence de presse, ce matin, à Coromandel.
« Nous sommes arrivés à ce chiffre après avoir pris en considération le taux d’inflation pour cette année et aussi à partir d’un exercice que nous avons mené sur les coûts des produits de base, ceux des services publics et le taux d’endettement de la population », affirme Toolsyraj Benydin. Selon lui, les travailleurs ont perdu Rs 433 sur les coûts des produits de base et une somme additionnelle de Rs 500 sur les coûts des services publics et de l’endettement. S’agissant du salaire minimal décent, il a avancé le chiffre de Rs 12 000. À ce sujet, M. Benydin a laissé entendre que le gouvernement lui-même considère qu’un salaire de moins de Rs 12 000 « fer ou vinn pli pov. » Quant au taux d’inflation, il l’a estimé à 8 % pour cette année.
Dans ses commentaires, le président du Conseil a rappelé que les syndicats avaient réclamé une compensation salariale de Rs 1 000 l’année dernière et que le gouvernement n’a offert qu’entre Rs 180 et Rs 190. « Finalement, la population a dû faire face à une cascade de hausses de prix en janvier. Nous avons alors réclamé une compensation salariale additionnelle mais le gouvernement a fait la sourde oreille ». M. Benydin dit espérer que le nouveau ministre des Finances, qui s’est occupé du portefeuille de la pauvreté précédemment, « pou anpes dimounes tom ladan ». « Il doit savoir que beaucoup de gens souffrent vraiment de la pauvreté à Maurice », a-t-il ajouté, avant de souhaiter que Xavier-Luc Duval n’écoute pas que le patronat qui lui parlera de la crise financière globale.
M. Benydin a appelé le ministre des Finances à ne pas favoriser le patronat « e vinn lom du sekter prive ». « Bannla zot profi pa zero. Il faut une justice sociale où les profits sont partagés. Pa nek pran ar ris pou redonn ris e fer zot vinn pli ris e pov vinn pli pov ». La compensation salariale, dit-il, ne représente pas une augmentation des salaires des travailleurs mais vise à rétablir leur pouvoir d’achat. Ce qui ne s’est jamais produit, selon lui.
À une question du Mauricien, M. Benydin a répondu que la situation économique actuelle n’est pas alarmante dans le pays et que les entreprises peuvent payer les Rs 950 réclamées comme compensation salariale. Jane Ragoo, membre du Conseil, s’est appesantie sur la manifestation projetée par des jeunes le week-end prochain à Port-Louis pour affirmer « pe pous dimounn plis ver la povrete e la violans ». « Nous ne pouvons continuer à vivre comme nous le faisons aujourd’hui. D’où cette manifestation des jeunes », soutient-elle. Et de dénoncer les entreprises qui créent leurs propres ONG et leur versent facilement 2 % de leurs profits « alors ki Rs 100 zot pena pou donn zot prop travayer ». Jane Ragoo a réclamé que 1 % des profits reviennent aux travailleurs.