La conservation d’un site du patrimoine peut se faire uniquement dans la mesure où les travaux n’altèrent pas le site d’origine ou les ruines restantes. C’est ce que fait ressortir Kofi Amekudi, une des personnes ressources de l’atelier sur la gestion des risques sur des sites classés patrimoine mondial de l’UNESCO lors d’une visite d’inspection du Camp Four à Chaux, qui se situe dans la zone tampon du Morne, mardi dernier.
Dans un premier temps, Kofi Amekudi a expliqué aux participants, venus des pays d’Afrique anglophone, comment étudier et analyser un monument du patrimoine. Il est important, par exemple, de repérer les traces de constructions de différentes périodes s’il y en a eu ou de comprendre les matériaux d’origine utilisés. Avant d’entamer tout travail, dit-il, il faut retourner dans les papiers et les plans pour bien comprendre ce qui a été entrepris comme travaux au départ. Le Camp Four à Chaux, au Morne, observe-t-il, a été construit à différentes périodes. Des traces y sont clairement visibles. Si les matériaux d’origine des deux premières périodes semblent être la brique et la chaux, par la suite, il y a eu l’utilisation de la pierre, de la terre, ensuite, du ciment et des blocs. Les participants constatent aussi que le monument est dans un état de délabrement envahi par la végétation. Les racines des végétations qui poussent sur la partie supérieure du monument ont fait leur chemin jusqu’aux parties inférieures avec, certainement, une conséquence désastreuse à l’intérieur de la pierre.
Un premier travail pour les participants était de faire un constat de la situation en haut du monument. A l’aide des scies électriques, ils ont coupé les plantes avant d’appliquer le même produit de désouchage chimique mélangé à de l’huile de moteur utilisé plus tôt « pour assécher la plante », nous indique M. Amekudi. La végétation, dit-il, attire aussi des termites qui sont néfastes pour les bâtiments.
Il indique qu’il est important de remettre le bâtiment dans son état d’origine. Mais il peut aussi être intéressant de le conserver en tant que ruine. « Sometimes, it is good to maintain it as it is, it tells a story ». Toutefois, des travaux de maintenance sont importants, précise-t-il.
Selon nos informations, ce four à chaux qui se situe sur un terrain privé dans la zone tampon du patrimoine mondial de l’UNESCO est en état d’abandon. Bien qu’il se trouve à quelques mètres de la route principale, il n’est pas visible d’elle parce qu’il est dans une zone de forêt sèche. Il semblerait qu’il n’y ait pas de document officiel pouvant indiquer sa date de construction.