L’Ambassade des États-Unis à Port-Louis a fait un don de US $ 20 666, soit approximativement Rs 600 000, à l’Aapravasi Ghat Trust Fund (AGTF) pour son projet de documentation et de préservation de la station de quarantaine de l’île Plate. Un accord a été signé dans ce sens entre Susan Falatko, adjoint au chef de mission de l’ambassade, et le directeur de l’AGTF, Raju Mohit, la semaine dernière, au siège de l’organisme à Trou-Fanfaron. C’était en présence du ministre des Arts et de la Culture, Mookhesswur Choonee.
Le projet de documentation et de préservation de la station de quarantaine de l’île Plate a été approuvé sous l’US Ambassador’s Fund for Cultural Heritage Preservation (AFCP), à la suite de l’édition 2013 du concours, en décembre dernier. En juin 2014, l’ambassade des États-Unis a informé l’AGTF que son projet avait été approuvé. Dans un communiqué émis à cette occasion, l’AGTF souligne que la station de quarantaine de l’île Plate est intrinsèquement liée à l’histoire de l’immigration des travailleurs engagés à Maurice. Résultat : elle fait partie intégrale de l’Aapravasi Ghat, site mauricien classé patrimoine mondial de l’UNESCO, depuis 2006.
L’AGTF indique que lorsqu’un navire mouillait à Port-Louis et qu’on y décelait des maladies contagieuses, les immigrants étaient envoyés en quarantaine à la station construite sur l’île Plate, à 12 kilomètres de la côte nord de Maurice. « Flat island is the place where the colonial authorities established a permanent quarantine station in 1856 to protect the population from diseases such as cholera, largely widespread in the nineteenth century ». C’est ce que ressort de l’Ordinance No 3 de 1857, souligne le communiqué. À noter que certains étaient également envoyés à l’îlot Gabriel.
Durant cette même période, d’autres maladies telles que la variole, le paludisme ou la dysenterie étaient très répandues, et les habitants de l’île Maurice accusaient les immigrants indiens de les avoir introduites. L’AGTF indique que de 1856 à 1870, des milliers de travailleurs engagés ont été envoyés en quarantaine sur l’île Plate. Une grosse majorité sont morts et ont été enterrés sur place. Ce lieu de quarantaine est resté opérationnel jusqu’en 1900 et les ruines y existent encore.
Le projet soumis par l’AGTF comprend des recherches devant être effectuées sur la structure des bâtisses, dans le cadre de leur préservation. Il est de la responsabilité des gestionnaires de ce patrimoine mondial d’entreprendre des recherches sur les travailleurs engagés et de préserver tout site associé à cette histoire.
L’Aapravasi (immigrant) Ghat (le lieu ou la terre et l’eau se rejoignent), « témoin tangible du phénomène de l’engagisme », incarne « la grande expérience initiée par le gouvernement britannique qui marque les prémices de la mise en oeuvre du système de l’engagisme après l’abolition de l’esclavage ». La brochure officielle de l’AG fait ressortir que « l’île Maurice fut la première colonie à procéder au recrutement de travailleurs engagés sous ce type de contrat. Le succès de cette expérience a encouragé l’adoption de ce système par les autres colonies européennes à travers le monde ».
Le président de l’AGTF, Mahen Utchanah, a affirmé au Mauricien que les travaux de recherche devraient débuter incessamment.