Alors que la Central Water Authority essuie de plein fouet les effets de la sécheresse avec une fourniture d’eau défaillante, un autre corps para-étatique dans le secteur des Services publics, en l’occurrence le Central Electricity Board, est entraîné dans une véritable situation de crise. D’ailleurs, la pointe dans la consommation d’énergie, soit 429 MW, a établi de nouvelles bases lors de la journée d’hier en raison de la forte canicule qui sévit dans le pays. Du côté de la direction générale du CEB, l’on prévoit que cette situation de demande croissante d’énergie électrique devra durer encore quelques jours, confirmant que la capacité se trouve déjà en situation Overstretched.
Dans l’immédiat, pour faire face à la situation, le Central Electricity Board (CEB) s’appuie sur la mise en opération à plein régime des turbines à gaz à la station thermique de Nicolay avec des Generation Costs onéreux, soit entre Rs 8 et Rs 9 l’unité générée, selon les spécialistes de la question. En raison de la sécheresse, les stations hydroélectriques, qui sont utilisées en appoint aux heures de pointe à cette période de l’année, ne sont d’aucune utilité.
À moyen terme, le CEB n’aura d’autre choix que de revoir sa planification en matière de besoins en Heavy Duty Oil pour faire fonctionner les autres centrales thermiques pour éviter des Power Outages. Les premiers renseignements glanés par Le Mauricien auprès des sources autorisées au CEB indiquent qu’il faudra prévoir une augmentation de l’ordre de 40 % dans la consommation de Heavy Duty Oil 180 pour au moins les prochains trois mois.
Les centrales thermiques de Saint-Louis et de Victoria consomment actuellement 6 600 tonnes d’huile lourde de type 180 par mois pour satisfaire la demande alors que la station de Fort George roule à la Heavy Duty Oil 380, soit une moyenne dans la fourchette de 400 à 500 tonnes par jour. Avec les dernières tendances en matière de consommation énergétique, le CEB craint qu’il devra prévoir un tonnage plus conséquent dans ses importations de Heavy Duty Oil 180 pour les trois prochains mois.
Techniquement, pour les mois de mars et d’avril, soit la fin de l’été, le CEB compte importer par le truchement de la State Trading Corporation des cargaisons mensuelles d’au moins 8 500 tonnes, contrastant avec ce qui s’est passé pour les deux premiers mois de cette année où le CEB n’avait pris aucune livraison de ce type de mazout à l’arrivée du tanker Red Eagle au port.
Le plus gros problème qu’auront à surmonter les autorités en vue de satisfaire les nouvelles exigences stratégiques du CEB est que la capacité du Red Eagle pour le mazout est de 6 500 tonnes par voyage avec une rotation d’au moins 22 jours. La State Trading Corporation pourrait avoir recours à l’affrètement d’un tanker supplémentaire pour complémenter les lacunes du Red Eagle mais reste la question des coûts supplémentaires à être encourus avec ces nouvelles démarches.
Compte tenu d’une absence totale de planification avec les mois de janvier et de février sans aucune cargaison de mazout réceptionnée et soudain une hausse de 40 % des besoins, des sources autorisées affirment que ces dépenses supplémentaires devraient être à la charge du CEB. Du côté de la STC, l’on évite de faire des commentaires publics sur des importations stratégiques pour le pays en attendant de pouvoir discuter de toute la question dans le cadre approprié avec les interlocuteurs désignés.
Que ce soit avec l’importation de cargaisons supplémentaires de mazout ou encore de la génération du courant électrique à partir des turbines de la station de Nicolay, le CEB doit faire face à des dépenses supplémentaires, avec des effets néfastes sur sa trésorerie. La priorité néanmoins dans l’immédiat est d’éviter tout black-out dans le pays pour venir s’ajouter aux problèmes dans le secteur de l’eau de la CWA.
Au CEB, on n’occulte pas le fait que dans la conjoncture, la marge de manoeuvre dans le secteur de l’électricité est extrêmement étroite, pour ne pas dire inexistante même si officiellement la direction générale du CEB affirme que la situation demeure sous contrôle.