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L’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM) a, dans une lettre adressée au ministre de l’Industrie et du Commerce Ashit Gungah, réclamé l’institution d’une « enquête urgente » sur le prix du poulet sur le marché local.
Selon Jayen Chellum, secrétaire général de l’ACIM, « les mécanismes en vigueur sur le marché favorisent les producteurs aux dépens des consommateurs, car il n’y a que deux producteurs qui opèrent dans une situation de monopole dans le pays ». Ce qui se traduit, selon lui, par des hausses injustifiées du prix du poulet et un « price stickiness » alors que les coûts de production ont diminué drastiquement. « La hausse injustifiée du prix découle des différentes décisions du gouvernement de permettre une politique de libéralisation qui favorise la compétition alors que très souvent c’est le contraire qui se produit. Il faut se demander comment on peut avoir de la compétition avec deux producteurs seulement », se demande-t-il dans sa lettre.
Jayen Chellum soutient que les principaux intrants dans les coûts de production du poulet sont : le coût de la nourriture qui varie entre 40 et 60 %, celui des poussins qui tournent autour de 16 %, la main-d’oeuvre qui peut être de moins de 10 % sur les fermes intégrées, ainsi que les coûts associés à l’électricité, aux services vétérinaires et à l’administration, entre autres. La tonne de maïs est passée d’USD 216,92 en mai 2014 à USD 166,30 en mai 2015, soit une baisse de près de 33 % (Réf : Mundi Index), alors que la tonne de soja est passée d’USD 542,78 en mai 2014 à 340,47 dollars en mai 2015, soit une baisse de près de 37 %. « Les prix n’ont pas baissé lorsque le dollar était à Rs 30 en janvier 2015 alors que les coûts des principaux ingrédients entrant dans la production du poulet étaient similaires à aujourd’hui. Le dollar est passé à Rs 36 aujourd’hui, soit une hausse de 20 % », fait ressortir Jayen Chellum. En conséquence, il estime que le prix du poulet doit baisser sur le marché local.