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Alors que le gouvernement évoque des stratégies pour que Maurice soit autosuffisante, les chiffres montrent que notre pays doit toujours se fier à l’importation de certains produits alimentaires. En effet, selon le bureau des statistiques de Maurice, la culture vivrière a connu une baisse en 2018, et ce en raison du mauvais temps. Mais une baisse de production a aussi été enregistrée dans le secteur de la pêche ainsi que la production de viande.

Le président du syndicat des pêcheurs émet des doutes sur les chiffres selon lesquels la production de poisson a augmenté de 28,7%, passant de 22 732 tonnes en 2017 à 29 255 tonnes en 2018. Et que la production des autres prises, dont le thon, a augmenté de 29,7% et celle des prises de poissons frais du littoral a augmenté de 16,6%. Pour Judex Ramphul, il est impossible que la production de poisson soit en hausse alors que le secteur de la pêche est en difficulté à Maurice.

« Je ne sais pas qui a effectué cette analyse et comment il a procédé mais ce sont des chiffres erronés. La production de poisson est en constante baisse depuis plusieurs années. L’environnement marin se dégrade d’année en année et les poissons quittent graduellement notre lagon. D’ailleurs, nous pensons que l’heure est venue pour que le gouvernement se penche sérieusement sur le problème de la pêche à Maurice », a indiqué Judex Ramphul. Selon ce dernier, le prix des poissons et d’autres fruits de mer est constamment revu à la hausse. « Si les prix continuent à augmenter, cela signifie qu’il y a un manque de produits sur le marché », a-t-il soutenu.

D’après un rapport du Bureau des Statistiques de Maurice, 7 646 hectares de terres ont été consacrés aux cultures vivrières en 2018, représentant une baisse de 1,7% par rapport à 7 780 hectares en 2017. Ce qui a résulté en une baisse dans la production de 9,2%, passant de 106 621 tonnes en 2017 à 96 847 tonnes en 2018. La raison avancée : les conditions climatiques défavorables. « En effet, les conditions climatiques n’étaient pas en faveur des cultures vivrières en 2018. Le mauvais temps a perduré pendant plusieurs mois. Nombreux sont les planteurs qui ont encouru de grosses pertes. Du coup, ils n’ont pas voulu prendre le risque de cultiver des légumes pendant plusieurs mois. D’autres se sont abstenus pendant toute l’année », a affirmé le président de la Small Planters Association, Kripalloo Sunghoo.

En ce qui concerne la superficie sur laquelle le riz a été cultivé, le rapport de Statistics of Mauritius note qu’elle a été réduite de 76,8%, passant de 56 hectares en 2017 à 13 hectares en 2018. La production de riz paddy a diminué de 88,1%, passant de 160 tonnes à 19 tonnes au cours de la même période. Selon Kripalloo Sunghoo, plusieurs investisseurs étaient venus à Maurice en 2017 pour se lancer dans la culture de riz en vue de l’exporter. Malheureusement, le projet n’a pas eu de succès, ce qui explique cette baisse drastique en 2018. 
Par ailleurs, l’année dernière, la production de bœuf à partir de bétail sur pattes était de 2 053 tonnes, soit 1,2% de moins que la production de 2 078 tonnes en 2017. L’importation de viande a diminué de 0,9% alors que la production de viande locale a réalisé une baisse de 9,3%.

Ainsi, dira le directeur de la Mauritius Meat Authority, Rajesh Daumoo, le prix de la viande n’a pas été revu à la hausse pendant ces deux dernières années. Pourtant, la production de viande a diminué. « Je pense que cette baisse s’explique par le fait que les consommateurs se tournent davantage vers les viandes frigorifiées, en raison de leur prix abordable. Les consommateurs ont aussi opté pour la viande du buffle venant de l’Inde », a fait part le directeur de la MMA. Et de préciser que de janvier au 30 juin 2019, 1 100 bovins ont été importés. 
La production de viande de chèvre et de mouton a augmenté de 8,9%, passant de 56 tonnes en 2017 à 61 tonnes en 2018. Selon Rajesh Daumoo, cette hausse s’explique par la demande en hausse sur le marché. La production de viande de porc a diminué de 10,4%. La production de volaille était de 49 000 tonnes en 2018, contre 47 500 tonnes en 2017.