Savez-vous qu’il est possible de faire des économies rien qu’en changeant de comportement ? Simplement en adoptant un style de vie correspondant à ses moyens financiers. Scope vous livre quelques astuces, selon les conseils de Jayen Chellum de l’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM), de Bruno Dorasami, président de la fédération des Credit Unions, et de Gérard Malliaté, selon son expérience à l’Association pour la Protection des Emprunteurs Abusés (APEA).
Avec les récentes augmentations de prix, mettre au rancart ses mauvaises habitudes demeure plus que jamais l’attitude à adopter en ce début d’année. Il n’est pas trop tard pour prendre de bonnes résolutions afin de faire des économies et ne pas se retrouver à ris diab par lake à chaque fin de mois. Il est plus que temps de mettre fin aux dépenses inutiles.
Nos interlocuteurs estiment que chaque famille devrait prendre le temps d’établir un budget familial. “C’est fondamental”, souligne Jayen Chellum. “Il faut établir ses priorités”, précise Bruno Dorasami. “Pour pouvoir songer à économiser, il faut impérativement être conscient de ses revenus nets, des dépenses inévitables (paiement de factures, alimentation, écolage, transport…) et des dépenses sur lesquels nous pouvons exercer un contrôle”, ajoute Gérard Malliaté.
Sans le sou.
Bruno Dorasami prend un exemple et pose une question : une personne a-t-elle vraiment besoin de deux téléphones cellulaires ? Car avoir deux téléphones équivaut à des dépenses en double pour les alimenter. À ce propos, Jayen Chellum recommande de bien distinguer entre les factures de téléphone. Si le téléphone résidentiel tombe dans la catégorie des dépenses nécessaires, le cellulaire doit être placé dans celui des dépenses inutiles, celles qu’on peut éviter. “Nous vivons dans une société de consommation à outrance. Nous ne devons pas vivre en fonction des autres. Souvent, les dépenses secondaires et inutiles conduisent à des situations difficiles.”
Sans condamner qui que ce soit, il cite ceux qui, bien que vivant modestement, ne profitent pas du service public de santé mais préfèrent se rendre chez le médecin privé. Ou ceux qui, au lieu de consommer l’eau du robinet, qui est parfaitement saine, achètent de l’eau embouteillée, beaucoup plus chère. “C’est une dépense inutile”, souligne Jayen Chellum. Il y a encore d’autres cas où il n’est pas interdit de dire que l’on jette l’argent par la fenêtre : l’achat de cigarettes, les paris sur les matchs de football, les courses de chevaux, les jeux de hasard…
Selon Bruno Dorasami, il n’existe pas à Maurice cette culture qui consiste à préparer son budget pour vivre sans contrainte un mois durant jusqu’au prochain salaire. “On dépense souvent sans réfléchir. Au milieu du mois, certains se retrouvent sans le sou. Ils s’endettent et cela devient infernal.”
S’habiller griffé.
Comme Jayen Chellum, il demande aux consommateurs de ne pas faire d’achats compulsifs et de trouver des moyens pour réduire leurs dépenses. Des exemples parmi d’autres : éteindre la lumière dans les pièces inoccupées de la maison, ne pas avoir de longues conversations téléphoniques, passer moins de temps devant la télévision…
Jayen Chellum invite les adeptes de la restauration rapide à réfléchir à ce que cette pratique alimentaire leur coûte. “Préparer soi-même son déjeuner, cela demande certes plus de temps, mais on mange sainement, et c’est plus économique.”
Il attire aussi l’attention des jeunes en particulier, qui ne jurent que par des produits griffés (vêtements, chaussures et autres accessoires de mode). “Il y a une tendance à Maurice qui découle des chaînes satellitaires : les jeunes veulent adopter le même mode de vie que les Européens et les Américains. Il est important que les parents fassent comprendre à leurs enfants qu’ils ne peuvent pas tout avoir et que ce n’est pas essentiel de s’habiller griffé.”
Vrais besoins.
Jayen Chellum invite les familles à se réunir pour discuter du budget familial en fonction de leurs moyens. Ils pourront ainsi faire le tri entre les dépenses nécessaires, secondaires et inutiles.
Gérard Malliaté estime qu’il est important de se fixer un objectif. “Il faut être convaincu que le fait de vivre selon ses moyens aujourd’hui est une assurance de vie et de survie dans une société dominée par le gain, le paraître, la surconsommation, etc.” Chaque consommateur devrait ainsi prendre le temps de vérifier ses factures d’électricité et d’eau tous les mois afin de suivre leurs évolutions et voir ce qui peut être entrepris pour éviter les gaspillages. Il reconnaît que le changement d’attitude peut être pénible dans un premier temps, mais peut s’avérer très économique à long terme. “Il faut s’en tenir à ses vrais besoins.”
Bruno Dorasami pense qu’il serait bon que les familles établissent une liste de commissions à acheter chaque mois, comme cela se pratiquait autrefois. Elles ne doivent pas se laisser abrutir par les promotions, qui sont souvent des astuces pour inciter à dépenser plus.