Les pains que nous consommons contiennent trop de sel, selon une étude du ministère de la Santé réalisée en 2012. Le taux de sel dans 103 échantillons analysés est en moyenne de 461, 6 mg pour 100 g de pain alors que le niveau acceptable est de 400 mg. Le ministère entreprendra aussi une étude sur d’autres sources de sel excessif comme le « home made bread » (pain cuit à la maison), rôti, farata et dholl puri.
Le ministère de la Santé compte lancer prochainement des campagnes de sensibilisation sur la réduction du sel dans les aliments, un moyen considéré peu coûteux pour prévenir les maladies cardio-vasculaires. En effet, 38 % des adultes âgés de 20 à 74 ans souffrent d’hypertension. Cette maladie est responsable de 49,7 % des décès, indique le Mauritius Diabetes Surveillance Project.
Bien que l’Organisation mondiale de la santé recommande une consommation de 5 g de sel par jour, celle des Mauriciens est en moyenne de 7,9 g. Selon le ministère, la consommation de pain augmente de façon significative. Les Food Balance Sheets du Digest of Agriculture de l’année 2010 indique d’ailleurs que la consommation de farine par tête d’habitant est de 79,2 g.
Pour déterminer le taux de sel dans les pains en vente sur le marché, les enquêteurs du ministère ont analysé des pains en provenance de 20 boulangeries. 39 % étaient des « pains maison », 47 % des baguettes et 15 % des « pains moule ». L’étude indique que les trois types de pain ont un taux de sel supérieur aux 400 g recommandés. 50 % des « pains maison » ont un taux de sel supérieur à 467,9 mg pour 100 g de pain. 50 % des baguettes et des « pains moule » ont un taux supérieur à 432,5 mg et à 377,4 mg respectivement.
Le plus faible taux de sel observé dans les 103 échantillons a été de 232 mg pour 100 g de pain et le plus élevé de 479,7 mg. Dans certains cas, il atteignait les 711,6 mg. Ces chiffres démontrent que les boulangers ajoutent le sel manuellement à la pâte sans le mesurer, souligne le ministère.
Les enquêteurs recommandent, à la lumière de cette étude, des consultations avec les boulangers en vue de réduire le taux de sel dans les pains à un niveau n’excédant 400 mg. Et ce, à l’instar de l’Afrique du Sud et de la Grande-Bretagne qui sont parvenus à diminuer le sel dans les pains au moyen de législations et de campagnes de sensibilisation.