Le soda le plus vendu au monde est sujet actuellement à une grosse controverse. Une association américaine de défense des consommateurs, le Centre pour la science dans l’intérêt du public (CSPI), a donné l’alerte en février 2011 et demandé son interdiction, car l’un des composants du Coca-Cola, le 4-methylimidazole (4-MEI), serait cancérigène. Présente dans le Coca-Cola mais aussi dans d’autres sodas, dans les sauces sojas et dans certaines bières, la substance est en fait utilisée pour colorer les boissons d’une teinte « caramel ». Et selon les médias internationaux, la recette secrète du célébrissime breuvage a dû être modifiée en catastrophe aux États-Unis, notamment dans l’État de Californie.
Le journal Le Point.fr indiquait hier que, « Coca-Cola ne fera pas disparaître complètement cette molécule, mais devrait se contenter de diminuer la quantité de 4-MEI dans sa recette ». Citant la direction de la multinationale qui insiste sur le caractère exclusivement préventif de leur démarche, il fait ressortir que, « cette réduction ne devrait pas altérer son goût légendaire ». « Même si nous croyons qu’aucun risque de santé publique ne justifie un tel changement, nous avons demandé à nos fournisseurs de caramel de faire le nécessaire afin que nos produits ne soient pas soumis à l’obligation d’un avertissement scientifique infondé », aurait  déclaré Diana Garza-Ciarlante, une porte-parole du groupe. Ce site indique également que la menace ne pèse pas seulement sur Coca-Cola mais aussi Pepsi et de nombreuses boissons et autres sauces soja qui contiennent du 4-methylimidazole (4-MEI), elles aussi concernées.
Toutefois, le doute sur la nocivité du 4-MEI persiste, les scientifiques n’étant pas unanimes sur la question. C’est ce qu’indiquait l’édition le Monde.fr, hier, faisant ressortir que c’est la raison pour laquelle jusqu’ici, il y a absence de toute interdiction. « En s’appuyant sur une étude menée chez des rongeurs, l’administration américaine indique qu’il faudrait boire plus de 1, 000 canettes par jour pour être réellement exposé au 4-MEI », souligne ce site. Et d’ajouter que la CSPI ne se contente pas de cette affirmation, indiquant que de nouveaux tests auraient été réalisés et attesteraient de la nocivité de la substance. Selon l’association, l’élément potentiellement cancérigène se formerait en fait lorsque l’ammoniac et/ou les sulfites seraient utilisés avec le 4-MEI pour donner aux sodas leur couleur brune, dit Le Monde.fr. Elle indique qu’une canette de Coca-Cola contiendrait actuellement environ 145 microgrammes de 4-MEI, sa version light environ 110 microgrammes, et une boîte de Pepsi près de 150 microgrammes. « Si la législation européenne est bien moins contraignante sur le sujet que son homologue américaine : alors que la Californie a déterminé que le niveau maximum de 4-MEI doit être de 29 microgrammes consommés dans une journée, l’Europe a, quant à elle, fixé la limite légale à l’équivalent de… 80 000 microgrammes par canette », précise le site.
Les médias internationaux indiquent que faute d’une baisse des limites fixées, voire d’une interdiction du produit, la CSPI a réclamé que les étiquettes fassent preuve d’une plus grande transparence, avec notamment une nouvelle nomination du colorant en « colorant caramel issu de l’ammoniac et du sulfite » ou « colorant de caramel chimiquement modifiée ». Les journaux étrangers soulignent que bien que Coca-Cola nie toujours que l’ingrédient soit cancérigène, la firme a donc décidé de changer sa recette. Elle envisage ainsi, selon les médias, simplement de modifier le processus de fabrication afin de réduire les taux de la substance incriminée et ainsi, se conformer à la législation. A ce stade, on ignore si la recette du Coca-Cola vendu à Maurice bénéficiera aussi de cette modification du processus de fabrication.