« La ville de Curepipe a perdu de ses couleurs. » C’est ce qu’ont affirmé les conseillers MMM-MSM lors d’une visite sur les lieux hier en fin de matinée. Cette situation d’abandon, dénoncée par les élus mauve et orange, serait selon eux le résultat d’une « mauvaise administration » et d’un « manque de volonté et de vision » des équipes ayant dirigé la ville.
La ville de Curepipe est connue pour son climat humide. Pourtant, malgré ce ciel gris qui plane constamment sur ses édifices, elle se fait appeler « Ville Lumière ». Un nom qui, aujourd’hui, ne lui va plus très bien, vu l’état des bâtiments et du centre-ville. Malgré tout, affirme-t-on du côté de la municipalité, les efforts sont là pour redonner vie au coeur de l’île. En théorie du moins, car dans la pratique, c’est tout autre chose.
Caisses de carton abandonnées aux abords des foires improvisées, bâtiments tapissés de moisissures, terrains en friche oubliés des autorités, immeubles à l’abandon, squattés par délinquants et toxicomanes… La liste est longue. Et le travail pour redorer le blason de la ville l’est encore plus. Bien que des mesures aient été prises pour que chaque propriétaire procède au nettoyage et à la restauration des façades de leurs bâtiments, l’initiative prônée par Sunil Beedassy, ancien maire de Curepipe, n’a connu aucun suivi. Résultat : le nettoyage n’aura duré que quelques mois et le projet d’assurer la propreté des bâtiments aura été depuis négligé. Les immeubles abandonnés aux façades dégradées, ornées de climatiseurs rouillés – et dont les structures risquent à tout moment de tomber sur les passants – ne manquent pas sur la Royal Road de Curepipe.
Derrière le supermarché Sik Yuen, c’est un autre spectacle tout aussi désolant qui s’offre aux visiteurs. C’est ainsi que Cité Pitot se retrouve avec des terrains en friche et des bâtiments à moitié détruits, sans compter les ordures, qui s’accumulent un peu partout. Ce site, pourtant situé au centre-ville, semble avoir été privé de tout développement depuis des années. « Et pourtant, c’est une zone résidentielle », soutiennent les conseillers mauve et orange.
Mais cet espace est appelé à connaître des changements majeurs d’ici à 2014. Une foire artisanale offrant un espace aux PME gérées par les Curepipiens est en effet prévue. Un projet que Mario Bienvenu, le maire de Curepipe, tient à coeur. Ce dernier fait d’ailleurs comprendre que ce projet de foire artisanale contribuera à la santé socio-économique de la ville et à la création d’emplois dans la région.
Le marché de Curepipe, qui a connu des travaux de rénovation importants en 2010, est également mis de côté quant au nettoyage des drains. À la section poissonnerie du marché, des restes de poissons et de viandes obstruent le passage, ayant pour effet de provoquer une odeur nauséabonde. À la foire Ramdin, derrière la supérette Bleu-Blanc-Rouge, ce n’est guère mieux, des amas d’ordures déposées par les marchands offrant un paysage désolant. Sans compter le mauvais état des étals, mis en place par les marchands, les drains bouchés par les déchets et les mauvaises structures des tables.
Pour les conseillers MMM-MSM, il est important que des mesures strictes soient prises afin de redonner vie à Curepipe. Le développement urbain devrait être la priorité de la municipalité, estiment-ils. « Le nettoyage de la ville, le bon état des infrastructures et l’absence d’insalubrité. C’est ce qui est nécessaire afin de rendre à Curepipe son dynamisme », soutiennent les conseillers majoritaires.