Avec l’amendement de la Constitution pour une meilleure représentativité des femmes votée à l’unanimité mardi au parlement, « l’opposition inn montré so bonn volonté », a affirmé Sheila Bappoo, la présidente de l’aile féminine du Parti travailliste à une conférence de presse des femmes parlementaires et ministres de l’Alliance gouvernementale, entourées de quelques-unes de leurs activistes. La ministre Sheila Bappoo et la responsable des relations avec la presse du Parti travailliste Nita Deerpalsing ont toutes deux qualifié cet amendement d’historique.
Sheila Bappoo a affirmé que le Parti travailliste et son Premier ministre marquent une nouvelle fois l’histoire en apportant cet amendement à la Constitution, qui est un élargissement de l’espace démocratique. Selon la présidente de l’aile féminine du Ptr, il y aura une meilleure représentativité des femmes, soit un minimum d’un tiers dans les collectivités locales, avec cet amendement. À une question de la presse, elle devait préciser que ceux qui se présenteront en groupes pour les élections dans les villages devront également prendre en considération les nouvelles dispositions.
Sheila Bappoo a donné des exemples dans le passé où le PM se serait prononcé en faveur d’une plus grande participation de la femme, que ce soit dans l’espace social, économique ou démocratique. La ministre de la Sécurité sociale a aussi cité les femmes travaillistes élues dans les collectivités locales et au parlement ; la première est de 1950. Avec plus de femmes représentées au sein des collectivités locales, il est question d’un enrichissement du débat et d’une meilleure politique de proximité, soutient la ministre. Et ceci équivaut à une démocratie plus saine, a souligné Mme Bappoo. Les femmes pourront également mettre en avant leur compétence et qualité au service de la société, a-t-elle poursuivi.
Commentant la position de l’opposition, Sheila Bappoo a affirmé que : « L’opposition inn montré so bonn volonté », car pour amender la Constitution, 75 % de votes étaient nécessaires au parlement. La ministre de la Sécurité sociale a relevé cependant que la proposition de l’opposition pour étendre cela aux législatives n’a pas été retenue parce que comme l’a expliqué le Premier ministre, a-t-elle dit, « il attend le rapport de l’expert Carcassonne. Li pa kapav abord cela avek Local government ». De plus, Sheila Bappoo a affirmé que les élections au sein des collectivités locales ne sont pas loin alors que les législatives seront en 2015.
Observant que c’est un pas gigantesque vers l’extension de l’espace démocratique, la ministre de la Sécurité sociale a observé que si la situation s’améliore au niveau des législatives, c’était loin d’être le cas pour les collectivités locales. Sheila Bappoo a noté que le pays est dernier sur la liste des pays de la SADC concernant la représentativité de la femme au sein de ces instances avec 6,4 % des participations. Au sein de l’Assemblée nationale, le pourcentage est passé de 9 % en 1995, à 17,1 % en 2005, et 18,8 % en 2010. « Ce qui n’est pas loin de la moyenne mondiale », a ajouté la ministre. La présidente de l’aile féminine du Ptr a aussi fait ressortir que la constitution du Parti travailliste a été amendée en 2002/2003 pour qu’il y ait une femme sur trois dans le parti. La ministre Bappoo a indiqué qu’au niveau de la Fonction publique les choses évoluent également dans la même direction. « Se dan sekter privé ki ena problem », lance Sheila Bappoo. Selon la ministre, la volonté du PM est d’aller plus vers la parité. À une question de la presse concernant la mise en oeuvre de ce qui est énoncé, Sheila Bappoo a assuré que cela se fera. Elle a précisé qu’il faut qu’il y ait une masse critique.
–––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
Nita Deerpalsing : Mésinformation ou incompréhension ?
Nita Deerpalsing s’est demandée s’il s’agit d’une désinformation du leader de l’opposition Paul Bérenger ou d’une incompréhension de sa part, lorsqu’il affirme que les propositions du Local Government Bill sur le découpage des arrondissements électoraux dans les villes sont illégales. La responsable des relations avec la presse du Parti travailliste a affirmé que tout a été fait en respectant les procédures légales. Mme Deerpalsing demande pourquoi le leader de l’opposition n’a pas profité du privilège que lui seul a à Maurice pour interroger le Premier ministre lors de la PNQ à l’Assemblée nationale, « o lié li galoupé al Réduit ». « Come and grill the Prime minister if you can », a-t-elle lancé.