Il ne dépend plus désormais que de la volonté du ministre du Travail Shakeel Mohamed de référer au National Remuneration Board cet accord que les syndicats et les employeurs de l’industrie de la construction ont récemment signé pour qu’il ait force de loi et que les 40 000 travailleurs du secteur bénéficient d’une augmentation de salaire de 15 % et de bien meilleures conditions de service. Selon le syndicaliste Reeaz Chuttoo, l’accord sera répliqué par l’ACTRAV du BIT dans le monde entier pour service comme modèle dans le cadre de la lutte contre le travail précaire.
« La balle est maintenant dans la main du ministre du Travail Shakeel Mohamed », lance Reeaz Chuttoo, secrétaire de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP). Il explique que pour que cet accord (que les employeurs et les syndicats de l’industrie de la construction ont signé le vendredi 21 octobre) ait force de loi, il faut que le ministre du Travail le réfère au National Remuneration Board (NRB) pour être inclus dans un Remuneration Order. « Si le ministre traite cela avec urgence, seulement alors les 40 000 travailleurs du secteur de la construction pourront bénéficier de ces 15 % d’augmentation de salaire et des conditions de travail révolutionnaires », a expliqué le syndicaliste.
Les représentants du Construction, Metal, Wood and Related Industries Employees Union (CMWEU) et du Private Entreprises Employees Union (PEEU) – tous deux affiliés à la CTSP – ont signé pour les employés, tandis que les employeurs étaient représentés par le président de la Building and Civil Engineering Contractors Association (BACECA).
Selon Reeaz Chuttoo, cet accord sera pris en exemple par le Bureau des activités pour les travailleurs (ACTRAV) du BIT pour être répliqué comme modèle dans le monde entier. Ce bureau coordonne l’ensemble des activités syndicales du BIT sur le terrain. « Avec les clauses révolutionnaires que cet accord contient (voir encadré), il est un modèle de contrat pour la lutte contre le travail précaire dans le monde entier », s’est félicité le secrétaire de la CTSP. « Outre une augmentation de salaire de 15 %, cet accord prévoit, entre autres, un traitement égal pour les travailleurs sous contrat et une protection pour les travailleurs séropositifs, sans compter un Adoption Leave de trois jours pour ceux ayant des démarches à faire pour adopter un enfant », élabore-t-il.
« Ironie veut que les travailleurs et les patrons de l’industrie de la construction sont arrivés à se mettre d’accord pour protéger les travailleurs de ce secteur, tandis que les gouvernements successifs nous ont toujours refusé leur soutien. Et pire : depuis l’entrée en vigueur de l’Employment Rights Act et de l’Employment Relations Act, les travailleurs du pays ont perdu leurs droits les plus élémentaires, acquis de longue lutte et que jusqu’ici le ministre du Travail Shakeel Mohamed, n’a pas apporté les amendements nécessaires pour rétablir nos droits, malgré ses promesses en ce sens », a déploré Reeaz Chuttoo.
Dans ce contexte, la CTSP a annoncé une campagne de tracts pour dénoncer l’« immobilisme » du ministre du Travail. « Koze boukou, aksyon en faver travayer zero », a renchéri Jane Ragoo, présidente de la CTSP. « Me an atandan travayer pe perdi plas, pe soufer ! »
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Quelques-un des principaux points de l’accord
– Salaires : augmentation de 15 %
– Allocation pour le travail de nuit : pas moins de Rs 75
– « Equal Work for Equal Pay » pour tous, y compris les contractuels
– Gratuity : retraite (pour raisons médicales ou optionnelles) après 55 ans, selon le Remuneration Order
– Allocation repas : de Rs 50 à Rs 75, payée après deux heures de travail supplémentaires.
– Protection et confidentialité des travailleurs séropositifs : paiement des salaires durant le traitement
– Un Adoption Leave de 3 jours pour ceux faisant des démarches pour l’adoption d’un enfant
– Travail dangereux : minimum 12 mois et une formation pour l’assumer
– Deux serviettes tous les six mois et une savonnette tous les mois
– Leaving Certificate à tous les travailleurs, même aux contractuels
– Travailleurs sous contrat :
Sick leave : 15 jours à moitié salaire
Même salaire que les travailleurs permanents
Bonus de fin d’année (au prorata) à la fin du contrat : pas nécessairement en décembre.