La Construction Metal Wooden and Related Industries Employees Union (CMWEU), affiliée à la Confédération des travailleurs du secteur privé, a tenu un point de presse ce matin pour dénoncer « les petites misères » du secteur de la construction, notamment le fait que les travailleurs mauriciens ont un contrat de quatre mois maximum, contre deux ans pour les travailleurs étrangers pour un travail identique, selon le syndicat. « Apre, minis ek patron dir morisyen pale travay. Travayer etranze pe surexploite travayer morisyen. So lasante mental pe afekte », dit René Lafond, secrétaire général de la CMWEU.
« La “loi” dans la construction, c’est du “hire & fire”. Les travailleurs mauriciens sont loin d’être des paresseux. C’est juste un “espri dominer” qui a été mis en place au profit des étrangers. » René Lafond estime dès lors qu’il est « grand temps d’agir », ajoutant que les syndicats du secteur comptent venir de l’avant avec une campagne d’affichage pour démontrer « l’attitude de médisance du patronat » à leur égard. Burty Beeharry, membre du syndicat, a pour sa part parlé de l’expérience des Bangladais, « qui se nourrissent de mangues vertes ». Et de poursuivre : « Guete kouma situation pe vini. Minis du Travail fer la sourd orey. On lui lance un appel  sur cet accord d’augmentation de 15% dans le rapport Building & Civil Engineering Contractor et on lui demande de mettre le rapport en application. »
En ce qui concerne l’âge de la retraite, fixée à 65 ans, Burty Beeharry explique que, dans le domaine de la construction, à cet âge, « il est difficile d’escalader les échafaudages ou de soulever de lourds blocs », estimant dès lors que, dans ce secteur précis, « l’âge de la retraite soit revu à 55 ans ». Pour ce qui est du salaire minimum, les membres de la CMWEU estiment « ne pas être concernés ». Et René Lafond d’expliquer : « Pou enkor enn bouldog san ledan. »