Après la polémique entourant la construction d’une cafétéria à Trou-aux-Biches l’année dernière, cette plage publique est une fois de plus victime du développement. Cette fois, c’est la construction d’une piscine et le marquage de plusieurs filaos qui irritent les habitants. Ceux-ci ont décidé de porter plainte au poste de police.
Les habitants et les forces vives de Trou-aux-Biches pointent du doigt les travaux entamés « en catimini » sur la plage publique. Tout d’abord, c’est la construction d’une piscine “pieds dans l’eau” qui exaspère les habitants. Ce lopin de terre, situé en face des résidences Balade, était utilisé par les pique-niqueurs. « Il y a actuellement des appartements en construction. Et cette piscine fait partie de ce projet. Nous ne sommes pas contre le développement, mais les autorités doivent réaliser que les habitants de Trou-aux-Biches, et le public en général, n’ont plus de place pour pique-niquer », explique un pêcheur de la localité. Ce dernier rappelle d’ailleurs le compartimentage de la plage entre les activistes proches du pouvoir, réduisant dans la foulée la superficie de la plage.
« Auparavant, poursuit notre interlocuteur, nous disposions d’une plage publique vaste, où tous les pique-niqueurs pouvaient profiter de la mer. Mais de nos jours, ce n’est plus possible. Désormais, nous sommes coincés entre des développements divers. Et la situation ne fait que se détériorer. » Et de dénoncer dans le foulée le non-respect de cette construction avec les “High Water Marks” (HWM). Selon les règlements en vigueur, toute construction sur le littoral doit en effet respecter une distance de 30 mètres avec le HWM.
Mais la construction de cette piscine n’est pas la seule « préoccupation » des habitants. Il y a quelques jours, ces derniers ont en effet noté que plus d’une dizaine de filaos avaient été marqués en vue d’être abattus. Cette nouvelle action – entreprise « en catimini », disent-ils – annonce la construction d’une nouvelle aire de stationnement sur la plage, alors que l’une d’elles, située à proximité des locaux du National Coast Guard (NCG), a été détruite afin de faire la place à une cafétéria par un proche du pouvoir. Aussi les habitants de la localité se posent-ils la question de savoir qui a marqué ces filaos. Car, selon nos informations, aucune demande n’a été faite au département des Bois et forêts du ministère de l’Agro-industrie.
Les habitants ont porté plainte au poste de la localité vendredi et envisagent de demander des explications au ministère des Terres et du Logement sur les projets à venir sur cette plage publique. Les habitants comptent « barrer la route » à ce nouveau projet, prétextant vouloir, avant tout, « sauvegarder la plage publique ».