Les opposants à la construction du Chaland Resorts Hotel à La Cambuse n’en démordent pas. Il est urgent de stopper ce projet. S’appuyant sur les nombreuses « zones d’ombre » entourant l’octroi du permis du groupe Currimjee Jeewanjee pour son projet et s’attardant sur le rapport de l’Heritage Research Indian Ocean (HRIO) commandité par les promoteurs mais non soumis aux autorités, la coalition Aret Kokin Nu Laplaz – qui, comme le Forum Citoyens Libres (FCL), a fait appel devant le tribunal de l’Environnement et compte loger une demande d’injonction en Cour Suprême pour l’arrêt des travaux, cette semaine – envisage de solliciter l’Independant Commission Against Corruption (ICAC) pour qu’une enquête approfondie sur cette affaire soit enclenchée. Un courrier a également été envoyé à la Convention Ramsar International l’alertant des conclusions de ce rapport qui met en garde contre toute construction d’hôtel dans la zone des dunes qui serait irréversiblement dommageable pour celles-ci.
Outre le site – un Defense Land abritant autrefois les bâtiments de la National Coast Guard, situé en dehors du Tourism Development Zone et de l’Outline Planning Scheme de Grand Port, les membres de la coalition Aret Kokin Nu Laplaz tirent la sonnette d’alarme à l’effet que les autorités n’ont pas tenu compte des impacts écologiques d’une telle construction à La Cambuse. Pire, disent-ils, revenant sur le rapport de l’HRIO effectué en 2010/2011, non soumis aux autorités, selon eux, au profit de celui des professeurs Françoise et Geoffrey D. Summers, « la mise en garde contre la déstabilisation des dunes de cette région n’a pas été prise en compte. » Idem déplorent-ils, s’agissant des risques, selon eux, que représente la nouvelle route construite par le groupe Currimjee Jeewanjee à 29 mètres seulement, et non à 36 mètres comme l’indique le rapport EIA du site archéologique Mare aux Songes situé à proximité du site de construction du Chaland Resorts Hotel.
Relevant  plusieurs aspects douteux, la coalition Aret Kokin Nu Laplaz compte saisir l’ICAC de cette affaire. En attendant l’appel au Tribunal de l’Environnement qui sera entendu ce mardi, jour où la coalition compte aussi déposer une demande d’injonction en Cour pour stopper les travaux, les opposants ont fait parvenir un courrier à la Convention Ramsa afin d’alerter l’instance internationale des « zones d’ombre » relevées et qui soulignent le danger écologique sur ce site proche du parc marin de Blue Bay – zone figurant sur la liste des sites protégés de la Convention Ramsar.
Pour rappel, en août dernier, la Convention, alertée par les ONG, avait signifié son intention de placer le parc marin sous la section 3.2 de la Convention qui stipule que « Each Contracting Party shall arrange to be informed at the earliest possible time if the ecological character of any wetland in its territory and included in the list has changed, is changing or is likely to change as the result of technological developments, pollution or other human interference. Information on such changes shall be passed without delay to the organisation or government responsable for the continuing bureau duties specficied in Article 8. » Le Regional Advisor for Africa de la Convention Ramsar avait aussi indiqué en avoir notifié le comité Ramsar à Maurice et être dans l’attente d’explications.