Au-devant des éléments de contestation avancés par l’entremise de l’avoué Doorgacharun Luchmun par plusieurs habitants et pêcheurs de Poste de Flacq, assistés du porte-parole du Forum Citoyens Libres (FCL), Georges Ah Yan, contestant les travaux en Cour à St-Géran, le juge Asraf Caunhye a émis, en début de semaine dernière, un ordre d’injonction intérimaire contre The One and Only Le Saint-Géran Hotel. Les protestataires et promoteurs, les ministères de l’Environnement, de l’Économie océanique, des Terres, ainsi que le Conseil de district de Flacq, assignés comme co-défendeurs face à cette action juridique, devront s’expliquer devant le juge demain matin à 9h30. Sera alors débattue la question de rendre interlocutoire l’ordre d’injonction intérimaire ou de le lever.
Si les travaux à St-Géran ont continué mardi soir et même mercredi, selon les habitants de la localité qui ont porté plainte à la police, le juge Caunhye a, mardi après-midi, en Cour suprême, ordonné “an injunction issue prohibiting and restraining respondent No 1 from proceeding with any type of works for the construction of any bridge in the lagoon to have access to Ilot Banane.”  Il est également interdit à l’établissement hôtelier de poursuivre avec l’installation d’un récif artificiel à l’îlot Bananes. Ceci, suivant la demande des habitants et des pêcheurs de la localité, soutenue par le FCL, pour un arrêt des travaux. Avec plusieurs points avancés, les contestataires ont juré un affidavit dans lequel ils soutiennent que les travaux entrepris par la direction de l’hôtel sont illégaux et constituent une menace à leurs intérêts. Déplorant des changements intervenus au niveau de l’EIA en cours de route, ils soutiennent que ce qui se passe à St-Géran est nocif à l’environnement.
Dans leur demande d’injonction, les contestataires expliquent qu’ils ont été mis au courant en décembre 2016 que l’hôtel Le St Géran, dans le cadre de ses travaux de construction et rénovation de 60 villas grand luxe sur son parcours de golf, avait obtenu l’autorisation, permis Environment Impact Assessment (EIA) à l’appui, de réhabiliter la plage devant l’établissement. Or, disent-ils, ce qui se passe est autre sur le terrain, à savoir la construction de deux récifs artificiels allongeant l’îlot Banane ainsi que le dragage du sable. Selon eux, l’hôtel aurait aussi “illégalement autorisé a caterpillar to proceed onto îlot Banane”, en utilisant des sacs de sable comme pont pour y arriver. Travaux qui auraient été entrepris en présence de membres de la force policière, dénoncent les protestataires. Ce qui n’avait pas été recommandé par les autorités, notent-ils, relevant également des constructions qu’ils estiment à moins de 30 mètres des High Water Marks.  
Une situation déplorée depuis plusieurs semaines. Si bien que le leader du MMM s’est rendu sur place pour un constat de visu. Le ministre de l’Environnement Étienne Sinatambou en a fait de même. Mais face à l’étendue des travaux, les habitants – qui affirment ne pas être contre le développement à condition qu’il soit fait dans le respect de leurs droits et de celui de l’environnement – ont finalement eu recours à la justice. L’ordre intérimaire émis par le juge Asraf Caunhye – établi sur quatre points: “Prohibit and restrain the Respondent No 1 from proceeding with any type of work (1) in the public domain, i.e the sea and/or lagoon, (2) within the high water mark, which is 30 metres, (3) for the removal of the three existing breakwaters and to construct artificial reefs at îlot Banane, and (4) to construct any bridge in the lagoon to have illegal access to Ilot Banane” – reste en vigueur jusqu’à demain, 9h30.
Suite à quoi les parties concernées – dont, également, le ministère de la Sécurité sociale; le ministère de l’Économie océanique, de la Pêche, des Services maritimes et des îles éparses; le ministère des Terres et du Logement et le conseil de district de Flacq, assignés comme co-défenseurs – doivent se présenter devant le juge qui décidera de rendre son ordre interlocutoire ou de le lever.