2013 sera une année remplie de défis, estime Vickramsing Bhujun, Managing Director (MD) de la firme d’ingénieurs-conseils Prodesign. Les carnets de commandes s’épuisent, des projets sont mis en veilleuse voire sont carrément stoppés. La cause : la crise de l’euro. Les promoteurs se montrent réticents et pratiquement tous les grands projets de construction ont été complétés ou sont en voie d’achèvement. La période critique devrait se situer autour de mai-juin avec des licenciements massifs à prévoir, selon le directeur général de Prodesign.
« Il y a quatre ou cinq ans, les commandes affluaient. Trois types de constructions étaient en grande demande, les bureaux, les espaces commerciaux et le loisir, c’est-à-dire l’IRS/ERS. Mais la crise de l’euro est passée par là. La clientèle, principalement étrangère pour les IRS/ERS, a diminué ou ne veut plus aller de l’avant avec son intérêt initial. Il en est de même pour les bureaux qui visaient une clientèle de BPO, donc étrangère. Quant aux centres commerciaux les malls, ne peuvent continuer à se multiplier sur une si petite île et le dernier grand projet a sans doute été la Croisette de Grand Baie », explique Vickramsing Bhujun, qui a lancé en 1997 la société Prodesign, et qui jette un regard plutôt pessimiste sur l’avenir de secteur de la construction. Les projets qui ont été conçus en 2011 ou 2012, selon notre interlocuteur, risquent de ne pas voir le jour en raison de l’effet contagieux de la crise de l’euro dans la mesure où dans les différentes étapes d’un projet, de l’étude de faisabilité en à la réalisation en passant par la conception et l’obtention des permis, deux ans ou plus peuvent s’écouler. L’année 2013 s’annonce donc des plus difficiles selon le cabinet Prodesign. La période critique devrait se situer autour de mai-juin avec des licenciements massifs à prévoir.
Faut-il pour autant se résigner au retour des mauvais jours ? « Non », clame le directeur de Prodesign. « Quand le privé ne peut plus entraîner le marché de la construction, il appartient au gouvernement de reprendre ce rôle. Certes, nous voyons que le gouvernement central est extrêmement présent au niveau du développement des infrastructures mais sa répercussion sur l’économie est moindre. Il faut bien moins d’hommes pour construire des routes que des bâtiments. Sans compter que souvent les compagnies étrangères ne recrutent pas la main-d’oeuvre locale. Nous sommes d’avis qu’il faudrait rééquilibrer l’investissement de l’État vers la construction de bâtiments publics comme les hôpitaux, les centres sportifs ou encore dans des écoles modernes », affirme Vickramsing Bhujun. Outre le fait d’apporter une « balance entre les besoins actuels et futurs », ces investissements de l’État, explique ce dernier, auront des répercussions sur le privé : « Le secteur de la construction doit s’adapter au contexte actuel. En étant d’abord plus agressif au niveau du marketing afin de pouvoir agrandir la base de la clientèle. Puis, il s’agit d’être plus compétitif en misant sur l’amélioration des services, en diminuant les coûts de production et en investissant dans la technologie. Enfin, le secteur doit pouvoir s’exporter vers le marché régional. » Son cabinet, souligne-t-il, a déjà anticipé les défis à venir, en plaçant l’innovation au coeur de la politique de l’entreprise, en offrant une panoplie de services qui évitent au client les soucis inhérents à tout projet et réalisation d’une construction. « Nous accompagnons le client dès le début et à chaque étape, prenant toutes les tracasseries à notre compte. Nous calculons le retour sur l’investissement du projet, nous nous chargeons des démarches administratives et aidons à la prise des décisions. Bref, nous sommes une véritable one-stop shop avec un service clé en main », explique Vickramsing Bhujun. Sa société a également investi dans des logiciels informatiques avancés permettant de diminuer les coûts, d’éviter le gaspillage et de réduire le temps de construction. Conscient de l’importance du capital humain dans l’entreprise, Prodesign a pris la décision de ne sacrifier aucun employé, une solution considérée « trop facile en temps de crise » : « Nous préférons recycler le personnel en changeant leurs attributions en attendant des jours meilleurs. Nous gardons en même temps l’investissement sur la formation. »