Comment inclure les petits et moyens “contracteurs” dans les grands projets de développement initiés à travers le pays ? Telle est la démarche d’IOCD Africa, un consortium regroupant des investisseurs, des entrepreneurs et d’autres membres de la communauté d’affaires, qui a organisé à Grand Baie, en fin de semaine, un atelier, le troisième du genre, à l’intention des petits et moyens “contracteurs” opérant dans le pays. Objectif principal : améliorer la productivité et la qualité de travail offert par ces entrepreneurs grâce à des procédures opérationnelles harmonisées et aux normes.
« Nous avons réuni de petits et moyens entrepreneurs, promoteurs hôteliers et autres agents immobiliers dans le but de soutenir et de consolider le secteur de la construction », a déclaré Boopen Doobah, président d’IOCD Africa. Selon lui, tous ces acteurs, principalement les petits et moyens “contracteurs”, ont besoin d’informations sur les normes, « surtout sur tout ce qui est “écoconstruction” et les techniques modernes » de construction. « Certains entrepreneurs ont appris leur métier sur le tas. D’autres à travers des mentors. Ils sont maintenant arrivés à un carrefour où le développement va très vite et où on parle d’eco-city, de Smart City, d’eco-village et autres concepts où l’on introduit toutes sortes de normes, sociales et environnementales », a-t-il fait ressortir. Et de poursuivre : « Tous les projets ont besoin de permis EIA (Environment Impact Assessment, Ndlr), de certifications en “leadership and environment and energy” et autres. Nos “contracteurs” doivent être au courant de ces normes, qui sont devenues prioritaires pour les clients, surtout étrangers. Les clients cherchent maintenant des entrepreneurs formés aux normes de sécurité,  sociales et environnementales », a-t-il déclaré. Rappelant que la construction a pris une autre dimension à Maurice avec l’écoconstruction, l’eco-building et l’intégration socio-économique et culturelle de la population dans ce secteur, il a estimé que l’entrepreneur, lui, est appelé à devenir partie prenante de ce développement.
Est également intervenu à cet atelier le président du board de Mauritius Institute of Training and Development (MITD), François de Grivel, qui a évoqué la formation professionnelle à Maurice et la nécessité pour notre pays d’accepter l’importation des compétences « si nous voulons devenir comme Singapour », ajoutant l’avoir dit « au Premier ministre, sir Anerood Jugnauth ». Il a aussi parlé de “mismatch” sur le plan de l’emploi, qui fait que ses propres entreprises cherchent actuellement dans différents domaines entre 50 et 100 personnes, sans toutefois arriver à les trouver.
François de Grivel dit avoir constaté qu’il reste encore « beaucoup à faire » au MITD. « C’est dans la formation professionnelle que repose l’avenir de Maurice, parce qu’on ne peut pas faire de bâtiments, d’usines, d’industries textiles ou d’entreprises du tourisme seulement avec du “top management” », a-t-il souligné, avant d’indiquer qu’à Singapour, environ 70% des emplois proviennent du “middle-management”. Tel ne serait pas le cas à Maurice. D’autant, selon lui, qu’un diplôme « ne donne aucun résultat si, après cinq ans d’études, le diplômé devient un gradué-chômeur ».
S’agissant de la construction, le président du MITD estime qu’on « ne peut rien faire sans des gens formés ». Et de conclure : « Ce n’est plus comme auparavant. On fait maintenant des choses plus sophistiquées et compliquées. »