Le pandit Sooryadeo Sungkur — celui qui fait l’objet d’une polémique après l’obtention d’une parcelle de la plage publique de Trou-aux-Biches — peut compter sur le Parti Travailliste pour le défendre. En effet, c’est sans détour que le PTr a élevé le ton… presque sorti les griffes pour dénoncer le « lynchage » de la famille Sungkur par « une section de la presse » et l’opposition MSM-MMM, pendant sa conférence de presse, hier matin. D’ailleurs, cette affaire a quasiment monopolisé l’exercice hebdomadaire des rouges, menés par Patrick Assirvaden et Abdullah Hossen, respectivement président et directeur de communications du parti.
Le PTr considère que « le lynchage de la famille Sungkur a pour but d’atteindre le gouvernement. » Les Sungkur, selon Patrick Assirvaden, « ena drwa fer enn lavansman dan zot lavi » et sont en droit de bénéficier de la politique de « démocratisation de l’économie » du gouvernement. Le PTr s’est dit pour cette démocratisation puisqu’elle permet le développement des petits business.
Pour défendre le pandit Sungkur, Patrick Assirvaden a sorti des exemples démontrant que l’alliance MSM-MMM serait « mal placée » pour émettre des critiques et pointer le gouvernement du doigt. Au pouvoir, l’opposition avait, selon lui, « dilapidé les terres de l’Etat », que ce soit à Mon Choisy, Flic en Flac ou à Bel-Ombre. « Le leader du MMM, Paul Bérenger, a repris le Premier ministre sur la déviation de la route de Trou-aux-Biches. Le Premier ministre a aussi parlé de Bel-Ombre. Mais pourquoi est-ce que Paul Bérenger n’a rien dit à propos du scandale des 25 arpents avec vue sur mer à Bel-Ombre ? » s’est demandé Patrick Assirvden.
Et de poursuivre : « Kisannla ti fer NDU koltar sime dan Flic-en-Flac, servi NDU pou ekler sime, met trotwar ziska dan fon Flic-en-Flac kot ena tou lotel ? N’avait-on pas utilisé l’argent des contribuables à cette fin ? Est-ce que cela n’était pas scandaleux à ce moment-là ? » Patrick Assirvaden dit avoir remarqué l’embarras d’Alan Ganoo sur la prise de position de Paul Bérenger dans l’affaire Sungkur.
Le président des rouges a rappelé qu’avec la démocratisation des terres, « n’importe qui a le droit de faire une demande de développement légitime, aussi longtemps que celui-ci est légal ! » Il a auparavant fait ressortir que « la démocratisation de l’économie est un élément incontournable d’un parti progressiste et socialiste (…) lepok kot enn sel kategori dimounn, fami ek klan gayn drwa gayne dan pei inn fini sa. Personn pann blie koman dan le pase finn ena dilapidasyon later leta. »
Et s’agissant de dilapidation des terres publiques, Patrick Assirvaden, qui répondait à une question de Week-End sur la délocalisation du poste de la National Coast Guard de Trou-aux-Biches en faveur d’un projet privé, est d’avis qu' »il ne faut pas prendre pour acquis les propos de Paul Bérenger et prêter attention aux informations relayées dans la presse à ce sujet. »
En prenant la parole, Abdullah Hossen a pour sa part expliqué qu’il a porté une attention particulièrement au paragraphe 28 du jugement rendu dans l’affaire opposant l’ancien vice-Président décédé Angidi Chettiar à la Mauritius Revenue Authority. Ce paragraphe stipule que celui qui a occupé le poste de président de la République n’est pas apte à occuper un travail payant. Se basant sur ce jugement, Abdullah Hossen estime que sir Aneerood Jugnauth ne peut aspirer à être candidat à la députation et encore moins Premier ministre. « Paul Bérenger pe fer marketing lor enn prodwi ki pa dan bann norm. Ki remake ena pou dir lor la ? » s’est demandé Abdullah Hossen.
À l’heure des questions, Patrick Assirvaden a réitéré le partenariat solide entre le PTr et le PMSD. Ce dernier avait été invité à commenter la déclaration du Premier ministre et leader du PTr, Navin Ramgoolam, à l’effet que le parti n’a besoin de « béquilles » pour briguer les suffrages en 2015. Selon lui, le MSM-MMM et Paul Bérenger désespèrent de rallier le PMSD à leur alliance.