• Sauvegarder au maximum entreprises et emplois dans le sillage de la pandémie
  • Le secteur privé exprime des réserves quant au Levy de 15% sur les profits annoncé dans la COVID-19 (Miscellaneous Provisions) Act

La sauvegarde des entreprises et des emplois a été au centre des consultations pré-budgétaires, entre le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, et les représentants du secteur privé. Et ce, dans le cadre d’une rencontre de quelque deux heures mardi après-midi.

La délégation de Business Mauritius, dirigée par Vidia Mooneegan, président, comprenait Kevin Ramkaloan et Pradeep Dursun, Chief Executive Officer et Chief Operating Officer, Lilowtee Ramjun-Jooseery de la Mauritius Exports Association (MEXA), Marday Venkatasamy, Yousuf Ismaël, et Ganessen Chinapen de la Chambre de Commerce, et le CEO suppléant de l’Economic Development Board, Ken Poonoosamy.

Interrogé par Le Mauricien à l’issue de la réunion, le CEO de Business Mauritius trouve que le ministre des Finances a été très attentif aux observations et propositions du secteur privé. Il a été question d’abord des mesures de soutien pour sauvegarder au maximum les entreprises et les emplois.

Ensuite, il a été question de l’aide qui pourrait être accordée aux secteurs qui peuvent se renouveler, voire générer de la croissance.  Le secteur privé souhaite également que les investisseurs qui pensent au long terme et souhaitant investir soient privilégiés dans le cadre de l’exercice budgétaire.

Le CEO de Business Mauritius a aussi indiqué que le secteur privé avait déjà soumis des propositions au gouvernement durant la période de confinement de même qu’un addendum et des propositions pour le budget.

Dans les milieux de Business Mauritius, on souligne que des réserves ont été exprimées au sujet de l’imposition d’un Levy de 15% sur les profits réalisés par les entreprises. Ils considèrent que beaucoup d’entreprises ne seront pas profitables cette année et que cette mesure compliquera la tâche de ceux qui le seront notamment au niveau de leur trésorerie.

Du côté de la MEXA, un mémorandum sera soumis au gouvernement avant la fin de la semaine. Il sera question des mesures qui devraient être adoptées en faveur des opérateurs dans le secteur manufacturier orienté vers l’exportation qui, comme l’a souligné le ministre des Finances au Parlement la semaine dernière, connaîtrait une contraction de l’ordre de 30 à 35%, avec les pressions sur l’emploi.

Pour le président de la MCCI, Marday Venkatasamy, ce budget doit parvenir à un équilibre entre la santé publique, le social et l’économie. « Cet équilibre doit se retrouver dans le ‘burden sharing’ ainsi que dans les mesures d’accompagnement et de soutien qui doivent être envisagées d’abord dans le social et ensuite dans l’économie – allant de très petites entreprises, des petites et moyennes entreprises et ensuite les grandes entreprises à tous les secteurs d’activités impactés par la crise », a-t-il fait ressortir.

Aussi le budget doit-il minimiser l’impact de l’effondrement de l’économie mondiale sur l’économie locale, laisse entendre Marday Venkatasamy, tout en protégeant l’emploi et préparant le pays à la reprise économique à travers la planète. Pour lui, chaque entreprise doit revoir son business model car le post-Covid-19 n’a rien à voir avec l’avant-pandémie. Il estime donc que « c’est le moment ou jamais d’introduire des réformes courageuses, le budget devant mettre l’accent sur une planification nationale et non seulement une planification économique ».

Qui plus est, Marday Venkatasamy a aussi annoncé que la MCCI a présenté un Budget Memo de 50 pages.  Entre autres mesures préconisées, figure l’institution d’un post-Covid Business Policy Dialogue avec les « best brains » autour de la table. Ce comité devrait traiter des enjeux de la productivité à travers le skills mismatch, l’apport technologique et le e-commerce. Il devrait également évoquer la politique de réindustrialisation et insister plus que jamais sur la nécessité de nous focaliser sur un commerce de proximité avec l’accent sur la région océan Indien, la SADC, le Comesa, le grand marché africain, avec en toile de fond la sécurité alimentaire et le secteur énergétique.