Dans le cadre des consultations prébudgétaires, la Coalition for People’s Cooperative Renewable Energy/Kolektif Lenerzi Renouvlab, dans un mémo au ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo, propose au gouvernement de l’Alliance Lepep une vingtaine de mesures pour, d’une part, réussir une transition complète et durable vers des énergies renouvelables et, d’autre part, pour élargir la base du droit de possession de la production de l’énergie à Maurice.
La Coalition for People’s Cooperative Renewable Energy/Kolektif Lenerzi Renouvlab (CPCRE/KLR) précise d’emblée que les centrales à charbons ne sont nullement compatibles avec le développement des énergies renouvelables et s’averreront plus coûteuses pour le pays à moyen terme. Elle soutient qu’au lieu d’investir dans le charbon, Maurice devrait capitaliser sur la présente chute du prix du pétrole pour investir dans un programme national d’énergie, combinant le gaz naturel et le stockage d’énergie, ensemble avec un développement massif des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, le tout soutenu par une hausse dans la qualité du réseau. « La National Energy Commission (NEC) a estimé que, durant la période 2014-2025, investir dans l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique coûtera 40% moins cher au pays, tout en créant davantage d’emplois, que d’investir dans le charbon. Le charbon, c’est le passé, pas l’avenir ! », souligne la coalition.
La CPCRE/KLR précise en outre que la NEC a affirmé qu’investir dans l’énergie renouvelable et dans l’efficacité énergétique aidera à l’émergence d’un nouveau pilier de l’économie mauricienne : l’économie verte. « Des techniciens d’installation et d’entretiens sillonneront le pays et les compagnies mauriciennes pourront développer et exporter leur expertise dans la région », se félicite-t-elle.
La coalition fait observer qu’avec le développement des énergies solaires et éoliennes, il y aura  une nécessité de relancer immédiatement le stockage d’énergie dès que le soleil ou le vent baisse. « Les centrales à charbon ne peuvent offrir cette importante fonction, car elles ne peuvent se relancer dans l’instant. Mais les centrales de gaz naturel le peuvent, au contraire. En outre, elles sont moins polluantes que celles roulant au charbon. Les centrales au gaz naturel sont donc les partenaires logiques des centrales solaires ou éoliennes. Et comme les centrales modernes au diesel offre cette possibilité de se convertir en des centrales à gaz naturel, nous devons par conséquent investir dans de telles centrales, avec cette possibilités de pouvoir se convertir, dès que possible, en des centrales au gaz naturel dès que ce dernier sera disponible. Des pays voisins, comme le Mozambique, ont d’énormes réserves de gaz naturel, qui sont sur le point d’être exploitées commercialement », argue-t-elle.
Avec l’imminente expiration des Power Purchase Agreements (PPAs) entre le CEB et les IPPs, la CPCRE/KLR trouve le moment « opportun » pour le gouvernement d’imposer une “Coal Tax” sur les profits des IPPs. Cette taxe serait utilisée pour financer, d’une part, le boom des énergies renouvelables et, d’autre part, pour éliminer le charbon (« phasing out coal »).
Cette Coal Tax, poursuit la Coalition, pourra également aider à mettre sur pied un Small Planters and Citizens Renewable Energy Scheme. Ce plan, estime-t-elle, démocratisera l’économie en permettant aux petits planteurs et aux citoyens de devenir des producteurs d’électricité, à travers notamment des Citizens’ Energy Cooperatives. « Cela briserait le contrôle oligopolistique de la production d’électricité des conglomérats sucriers ! », dit-il.
De même, pour financer ce Renewable Energy Boom, la coalition propose au gouvernement d’émettre des Government Green Energy Bonds, avec des intérêts financés par la Coal Tax sur les profits des IPPs. « Ces Bonds offriront un placement sûr au public. En outre, ils permettront au CEB d’obtenir le financement nécessaire pour devenir un acteur majeur dans les centrales à énergie renouvelables ! » s’enthousiasme-t-elle.
La CPCRE/KLR réclame en outre l’annulation du projet CT Power, la dissolution du CEB Investment Company Ltd et la résiliation de la « scandaleuse » Standby Generation Capacity Tax – une taxe sur les installations photovoltaïques. En revanche, elle demande la mise sur pied d’un Sustainable Biomass Development Programme (SBDP) pour, entre autres, encourager les petits planteurs à ne pas abandonner leurs terres et à se lancer dans la production d’énergies renouvelables. Mais aussi l’exemption de la TVA sur les équipements et les pièces d’énergies renouvelables; des incitations fiscales pour le stockage de l’énergie renouvelable; une loi pour faciliter l’entrée des petits opérateurs dans le secteur des énergies renouvelables; l’introduction obligatoire de l’éthanol E10; et la mise en oeuvre des recommandations urgentes de la NEC.