L’Association des Auteurs, Compositeurs Morisien (AACM) a réuni la presse ce mardi 15 mai dans le sillage des consultations pré-budgétaires tenues avec le ministre des Finances et Premier ministre, Pravind Jugnauth.

Zanzak Arjoon et Bruno Raya, porte-paroles de AACM, n’ont pas été tendres. Ils ont déploré l’inaction du gouvernement à l’égard du secteur culturel et se disent las des mesures non tenues. Plusieurs points ont été soulevés dans ce sens: « Nou pane ale derniers consultations prébudgétaires parski bane mesure 2017-2018 nu pane trouve oken application » 


Selon le porte-parole, un artiste reçoit 68 sous pour chacun de ses morceaux diffusés sur les ondes, et cela dure depuis plusieurs années. « Faites le calcul, vous verrez. On ne peut plus continuer dans cette voie. Il faut absolument revoir cela », a-t-il lancé.

Plusieurs mesures avaient été retenues par le ministre des Finances mais celles-ci n’ont jamais vu le jour, à l’instar d’une médiathèque dédiée aux artistes, un Nationale Art Fund, un village des artistes, dont les plans n’ont même pas été divulgués. Ils regrettent aussi que les artiste n’ont pas la possibilité de se produire à la MBC et d’être rémunérés par la suite.

L’AACM s’insurge contre le gouvernement, qui dit voir le potentiel du secteur culturel mais qui n’y apporte « aucun soutien ». Cette rencontre a aussi été l’occasion de lancer un appel à l’Etat concernant la révision à la hausse des tarifs dédiés aux artistes mauriciens pour la diffusion de leurs œuvres, et aussi que soit introduit la copie privée dans ce milieu.

Se référant à ce qui se passe dans les autres pays en matière de protection des droits des artistes, Zanzak Arjoon suggère au gouvernement de mettre en place un système de taxation spécial, qui profiterait aux artistes. « Cela existe dans plusieurs pays. Il faut bien faire la distinction entre la taxe et le prélèvement. Les artistes réclament un prélèvement auprès des distributeurs de leurs œuvres pour qu’ils puissent bénéficier d’une source financière ». Il ajoute : « Être artiste, c’est participer à la création. C’est un métier, notre gagne-pain. Que vous le vouliez ou pas, nous contribuons beaucoup et nous avons une grande participation dans le marché culturel de Maurice. »

A Bruno Raya de questionner : « Pour quelle raison nous marginalise-t-on? On fait la sourde oreille à nos suggestions ».