Selon le Grand Argentier, la société doit être placée au coeur de l’économie car il estime que pour amener un développement dans un pays, il faut un «soubassement social stable.» C’est dans cette optique qu’il a convié des organisations non-gouvernementales engagées dans les domaines de la famille, de l’enfance, des besoins sociaux et de la lutte contre la pauvreté au Lunch Room de l’Assemblée nationale, la semaine dernière, afin d’entendre les propositions des représentants des différentes ONG en vue du prochain budget qui sera présenté le 23 mars. Une des propositions phares proposée par l’ensemble des ONG est la révision des lignes directives du programme Corporate Social Responsability (CSR).
Entouré du secrétaire financier Dev Manraj et des fonctionnaires du ministère des Finances, le Grand Argentier a parlé de l’importance du travail des associations: «Malgré le rôle social de l’État, ses capacités sont limitées en terme de ressources humaines», d’où l’importance des ONG, dit-il. Par ailleurs, soutient Vishnu Lutchmeenaraidoo, «il y a un certain intérêt pour le secteur privé de comprendre que pour construire un édifice économique solide, il faut un soubassement social solide.»
Ainsi, alors que le ministre des Finances encourage le secteur privé à apporter son soutien au travail social, les représentants des diverses ONG ont fait part de leur souhait d’une révision des paramètres de distribution des fonds du CSR afin que les entreprises du privé puissent financer un plus large éventail de projets. Répondant à l’intervention de Geerish Bucktowonsing, président du Mauritius Council of Social Services (MACOSS), le ministre des Finances soutient que le ministère étudie l’éventualité de laisser le secteur privé gérer ses propres fonds CSR et de décider lui-même des guidelines pour le financement des projets.
Parmi les propositions entendues, la situation dans les shelters a été évoquée. Outre les Rs 252.18 d’allocation quotidienne par enfant jugées insuffisantes, certaines associations ont demandé à ce qu’il y ait plus de communication avec les différents ministères (Intégration sociale, Gender Equality ou encore Éducation) afin que chacun d’eux puisse intervenir selon son domaine de compétence. La révision de la formule du grant-in aid a également été demandée, de même que la décentralisation de la formation. Les représentants d’associations intervenant au domaine de la lutte contre la pauvreté ont fait entendre leur désapprobation à l’assistanat et demandent à ce qu’il y ait plus d’empowerment. Proposition a ainsi été faite par une des représentantes pour utiliser les village halls, la plupart du temps fermés, pour dispenser des formations en femmes et aux jeunes.
Répondant à une requête selon laquelle il faudrait catégoriser et regrouper des personnes handicapées selon leur handicap, Vishnu Lutchmeenaraidoo a commenté sur la situation de l’hôpital psychiatrique de Brown Sequard. Selon lui, il s’agit de l’exemple même du «one stop shop» où les personnes souffrant de maladies différentes se retrouvent réunies dans un même lieu alors qu’il estime que les cas devraient être séparés. Le ministre des Finances laisse ainsi entendre qu’il veut en finir avec cette pratique d’amalgamer toutes les pathologies dans un même endroit. Il a commenté chacune des interventions réalisées lors de cette rencontre-discussion et a affirmé à chaque association que leurs propositions seront examinées.