Le secteur privé a, par le biais de Business Mauritius, lors des consultations prébudgétaires présidées par le Premier ministre et ministre des Finances Pravind Jugnauth, insisté sur l’importance des mesures susceptibles de relancer la productivité et les taux des investissements. « Business Mauritius est en faveur de mesures incitatives visant à encourager les entreprises tournées vers le marché local à exporter », souligne Arnaud Dalais, président de Business Mauritius. De son côté, Raj Makoond, CEO de l’organisme central du secteur privé, souligne la nécessité de traduire dans le concret toutes les provisions légales concernant la facilitation des affaires. « Le processus de facilitation doit obligatoirement prendre en compte les composantes de l’administrative readiness et de l’electronic readiness », souligne-t-il.
Dans son mémorandum soumis au ministère des Finances, Business Mauritius souligne la nécessité pour Maurice de sortir du « middle income trap » pour atteindre un niveau de croissance de l’ordre de 4 à 5 %. « The challenges facing the économy, in the present context, may be summurised under three main categories : stagnating investment rate, declining productivity growth contribution to GDP and decrease in the export manufacturing sector », estime Business Mauritius. La performance mitigée du taux d’investissement est attribuée à une série de problèmes, dont la croissance modeste dans les nouveaux secteurs comme l’énergie renouvelable et les services médicaux. Une stagnation est observée au niveau des secteurs émergents, comme les TIC et l’économie marine. Les allocations prévues pour le budget de développement sont en outre sous-utilisées. Maurice peine à maintenir le momentum de la réforme par rapport à la facilitation des affaires. De plus, les autorités « ont été incapables de traduire dans la réalité une série de mesures de réformes qui ont déjà fait l’objet de textes de lois » adoptés au parlement.
Ainsi, dans le but d’accélerer l’introduction des mesures de facilitation, il importe, selon Raj Makoond, « que les ministères de la Fonction publique et des TIC se joingnent à l’équipe centrale », comprenant le ministère des Finances, le BoI et Business Mauritius. Ce qui permettrait, dit-il, de soutenir les différents services publics pour concevoir leurs plans concernant l’administrative readiness et l’electronic readiness, « conformément aux provisions légales ». La mise en oeuvre des provisions légales permettra « d’améliorer de manière conséquente le climat d’investissement » et « de rehausser le taux d’investissement ». À ce propos, Raj Makoond cite en exemple la Tourism Authority, dont le projet de connectivité a été lancé hier. Il déplore toutefois qu’à l’exception de la CWA et du département de la police, « aucun ministère n’a recours à un système d’appels d’offres électroniques » (e-procurement). Raj Makoond préconise ainsi la baisse des prix de la bande passante et estime que le gouvernement « doit encourager l’introduction d’un troisième réseau de fibre optique ». Business Mauritius demande finalement au gouvernement de revoir sa décision concernant le CSR, « qui risque de mettre en péril le nouvel “eco-system” » et insiste sur l’introduction de nouveaux « guidelines ».