Les opposants à la nouvelle carte d’identité contenant les données biométriques des citoyens font circuler, depuis hier, une liste invitant les personnes qui rejettent la nouvelle formule de la carte et qui refusent catégoriquement de se soumettre au prélèvement de leurs empreintes digitales, à y inscrire leur nom. Le but ultime : faire reculer le gouvernement concernant la mise en application définitive de la carte d’identité à puce.
Les initiatives de protestations pour contrecarrer la carte d’identité biométrique se multiplient. Après Lalit qui a constitué une pétition contenant la signature de 24 personnalités du pays, dont les deux anciens présidents de la République Karl Offmann et Cassam Uteem et deux anciens Attorney General, qui contestent la nouvelle carte, la plateforme ouverte des opposants à la carte d’identité fait circuler depuis hier une liste invitant les citoyens qui n’ont pas l’intention de donner leurs empreintes digitales pour les besoins de la carte à inscrire leur nom. Jeff Lingaya, un des animateurs de la plateforme, soutenant que la nouvelle carte d’identité représente un danger pour les citoyens, explique que cette initiative se veut « une prise de position plus ferme et directe, un engagement personnel qui implique plus de conviction affirmative qu’une signature sur une pétition ». Il soutient qu’une action similaire a fait reculer le gouvernement britannique concernant la mise en application d’une nouvelle carte d’identité contenant les données biométriques du citoyen.
Les opposants veulent en effet constituer à Maurice un relevé officiel, sous forme de liste, de ceux qui n’iront pas enclencher les procédures de conversion pour obtenir la nouvelle pièce d’identité biométrique. La mise en circulation de cette liste est une des initiatives de la plateforme qui en a prévu d’autres d’une plus grande ampleur les 11 et 12 mars prochains, coïncidant avec la fête nationale. C’est ce même mouvement qui était par ailleurs à l’origine d’une première rencontre de sensibilisation en décembre 2013 dans la cour du Plaza ayant pour but initial de susciter les débats et la diffusion d’informations autour des sujets constituant des enjeux clé pour le pays, dont la carte d’identité avec les données biométriques des citoyens. Parallèlement aux actions sur le terrain, la plateforme est très active sur les réseaux sociaux.
Une idée similaire avait été proposée au début de l’année par le Regroupman Travayer Sosial (RTS) dont un de ses membres, Rajah Madhewoo, a logé en novembre 2013 un procès en Cour suprême contre l’État et le ministère des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) en vue de réclamer l’arrêt des procédures pour la nouvelle carte d’identité. Les derniers développements dans cette affaire sont qu’elle a été appelée de nouveau hier en Cour suprême. Le conseil légal du plaignant a déposé hier ses particulars, après que les avoués de l’État lui eurent réclamé des éclaircissements et précisions concernant les points avancés dans sa plainte pour contester la nouvelle carte d’identité de même que certains documents auxquels référence est faite dans la plainte de Rajah Madhewoo. La prochaine audience est fixée au 20 mars.