Alors que la pilule contraceptive Diane 35 et ses génériques sont dans le collimateur des autorités sanitaires françaises, le ministère de la Santé mauricien n’annonce aucun retrait de celle-ci du marché local pour l’immédiat. Il indique dans un communiqué que « la pilule Diane 35 et ses génériques prescrits comme contraceptif et pour le traitement de l’acné et d’autres maladies de la peau est utilisée dans de nombreux pays et que les risques de thromboembolisme sont connus depuis des années ».
« La procédure de suspension d’autorisation de mise sur le marché de la pilule contraceptive Diane 35 sera effective dans trois mois », indique l’Agence Nationale de Sécurité du Médicaments et des produits de Santé (ANSM) en France. Le Pr Dominique Maraninchi, directeur général de cet organisme explique que « ce délai permettra aux patients d’arrêter leur traitement sans précipitation ». L’ANSM demande que la pilule Diane 35 ne soit plus utilisée comme contraceptif. Cette pilule est accusée de provoquer des thromboses veineuses.
« Le ministère suit la situation de très près et prendra des actions nécessaires à la lumière des recommandations de l’European Medicines Agency (EMA) qui entreprendra très bien tôt une étude européenne sur Diane 35 », affirme le ministère de la Santé mauricien dans son communiqué. Le ministère prendra aussi en considération les recommandations de la Food and Drug Administration américaine. « Les utilisatrices de Diane 35 sont priées de consulter leur médecin pour être conseillée au sujet de la prise de la pilule », dit le ministère de la Santé.
L’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM) a par la voix Jayen Chellum réclamé le retrait pur et simple de Diane 35 du marché mauricien.
Selon les autorités sanitaires françaises, Diane 35 a été responsable de sept décès dus à des thromboses veineuses en France depuis 1987. Au 16 janvier 2013, la pilule et ses génériques a été à l’origine de 125 cas de problèmes emboliques et thrombolitiques. Le groupe pharmaceutique Bayer fait par ailleurs l’objet de poursuites dans des affaires se rapportant aux pilules contraceptives de troisième et de quatrième générations. Vendredi dernier une enquête judiciaire préliminaire a été ouverte par le Parquet de Paris. En 2006 une jeune femme française s’est retrouvée handicapée suite à un accident vasculaire cérébral (AVC) dû à la pilule Méliane. En juin 2012 la Commission Régionale de Conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux de Bordeaux avait reconnu le lien entre le médicament et l’AVC de cette jeune femme.