Après une semaine d’attente, le Central CID a eu recours aux grands moyens en vue de démarrer l’enquête criminelle sur les 69 contrats d’une valeur de Rs 569,7 millions alloués par la National Development Unit (NDU) après les flashfloods du mercredi 13 février 2013. Ainsi, l’ingénieur responsable de la NDU, Hurrydeo Bholah, époux de l’ancienne Private Parliamentary Secretary Pratibha Bholah sous le gouvernement de Navin Ramgoolam, a été appréhendé à son domicile hier après-midi suite à l’exécution d’un mandat d’arrêt. Il a passé la nuit d’hier à ce matin à l’hôpital Jeetoo sous surveillance policière sur avis médical. Les limiers du Central CID attendent actuellement la décharge de ce suspect en vue de l’amener aux Casernes CID pour la reprise de son interrogatoire et probablement son inculpation provisoire pour non-respect des procédures prévues sous la Public Procurement Act.
Depuis vendredi dernier, Hurrydeo Bholah était attendu au Central CID mais à chaque fois, il a mis en avant son état de santé avec en complément un certificat médical pour repousser l’échéance de la mise en accusation dans cette sinistre affaire d’allocation de contrats avec l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo, encore une fois dans le collimateur des autorités. Hier matin, le même scénario s’est répété à la différence que suite à des consultations de haut niveau, la décision a été prise de solliciter un mandat d’arrêt en bonne et due forme contre ce responsable de la NDU.
En début d’après-midi, une escouade de membres du Central CID a été constituée pour l’exécution de ce mandat d’arrêt. Alors que les proches de Hurrydeo Bholah ont protesté avec véhémence contre la manière de faire des autorités lors de cette arrestation, la police a fait état de la résistance offerte par le principal concerné. Des dispositions avaient même été prises pour son incarcération au Moka Detention Centre pour la nuit d’hier à ce matin.
Toutefois, Hurrydeo Bholah a été ausculté au préalable par un médecin de l’État à l’hôpital Jeetoo. Il a alors été admis à l’hôpital sous surveillance policière. À ce matin, le Central CID était suspendu à la décharge officielle du suspect pour reprendre l’interrogatoire Under Warning sur l’octroi de toute une série de contrats de réhabilitation pour une valeur de Rs 569,7 millions après les pluies diluviennes du 13 février 2013.
Dans cette affaire, les procédures sous la Public Procurement Act n’ont pas été suivies alors que le nombre de projets approuvés par le conseil des ministres avait été augmenté de manière unilatérale par la NDU. L’enquête du Central CID devra déterminer le cerveau derrière ce plan machiavélique de « dilapidation de fonds publics ». À cet effet, la convocation formelle de l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques n’est pas à écarter.
Cette affaire de contrats de la NDU a été abordée lors du Question Time de mardi dernier par le biais d’une interpellation du député Raffick Sorefan. « I am informed by the National Development Unit (NDU) that following the flash floods of 13 February 2013 and 30 March 2013 respectively affecting the northern regions of the country and the regions of Port-Louis and Canal Dayot respectively, the NDU resorted to the emergency procurement method », a confirmé le Premier ministre suppléant, Xavier-Luc Duval, en déposant sur la table de l’Assemblée nationale la liste des 69 projets identifiés.
« Out of these projects, Madam Speaker, it is to be noted that 6 were subsequently cancelled though Works Orders were issued. The reasons for same are, inter alia, unavailability of way leaves and complexity of projects. As the House is aware, there is presently an ongoing inquiry by the CCID on this issue », a poursuivi le Leader of the House par intérim, qui a préféré éviter de répondre à une interpellation supplémentaire. Le député Sorefan voulait obtenir la confirmation « whether those additional contracts were approved by Cabinet and the Central Procurement Board, and whether the Minister concerned at that time asked for approval from the Minister of Finance ? »
En tout cas, le plat de résistance de l’enquête concerne la quinzaine de projets de réhabilitation intégrés à la liste initiale sans le consentement du conseil des ministres.