Citant le cas de la notaire Wenda Sawmynaden, Paul Bérenger, leader du MMM, trouve que “certains ont l’art de se mettre dans les pires situations embarrassantes”. Le leader des mauves insiste pour connaître le nombre d’affaires relevant de ministères, de corps parapublics et de sociétés d’État que la notaire, épouse du ministre Yogida Sawmynaden, a traitées de 2013 à ce jour, et les honoraires qu’elle a perçus pour ses services. Paul Bérenger évoque, d’autre part, “l’utilisation abusive” des accusations provisoires par la police en commentant l’abandon des poursuites contre les soeurs Rawat et d’autres prévenus dans l’affaire BAI. Il fait la différence entre ce qu’il estime être la “mauvaise gestion” de cette crise BAI par le gouvernement du jour et les “précautions” qu’il avait prises, pour sa part, pour tirer la sonnette d’alarme depuis longtemps sur cette affaire.
Paul Bérenger considère comme du jamais vu l’incident qui s’est déroulé, mardi, à l’Assembée nationale, lors de la tranche consacrée à la PNQ. Il qualifie ce nouvel incident au Parlement de “choquant” et “honteux”. S’il concède que le député de l’opposition Roshi Bhadain “a eu tort” d’avoir eu le geste déplacé qu’on lui impute envers le Premier ministre, le leader du MMM considère “encore plus choquants” les propos tenus par Pravind Jugnauth comme officiellement consignés dans le Hansard.
Pour lui, le député Bhadain, qu’il condamne pour son geste indécent, n’a finalement réagi qu’à une “provocation” de Pravind Jugnauth. Prenant à témoin le procès verbal officiel des travaux parlementaires de mardi, Paul Bérenger souligne que réagissant aux accusations de Roshi Bhadain à l’effet qu’Omeaga Ark carressait aussi l’idée d’acquérir la MauBank, le Premier ministre a eu ceci à dire à l’adresse du député de l’opposition : “These are gratuitous accusations. Yesterday, the Honorable Member was licking my hand and other parts.”
Le leader des mauves s’étonne que la Speaker “ait fait la sourde oreille à de tels propos indignes venant d’un soi-disant Premier ministre”. Ce qui lui fait dire que la présidente de la Chambre serait “complice” du gouvernement dans son utilisation “abusive” de sa majorité numérique à l’Assemblée nationale. Il note que les travaux parlementaires ont été renvoyés au mardi 9 mai. Prochaine séance   parlementaire qui ne comprendra pas une tranche d’interpellations car, ce jour-là, il est prévu qu’un budget supplémentaire soit voté.
Enchaînant avec le “dominer” dont serait victime l’opposition en marge des rassemblements du 1er-Mai, Paul Bérenger explique qu’après la décision “mesquine” des mairies sous administration gouvernementale de réclamer Rs 1000 par banderole installée dans leurs limites administratives, l’Independent Broadcasting Authority (IBA) est intervenu  vendredi pour, selon lui, imposer des mesures de censure aux publicités radiophoniques que le MMM avait demandé aux trois radios privées de diffuser pour son rassemblement de la Fête du Travail à Rose-Hill.
BAI: “Rs 623 M sous le nez des victimes”
Commentant par ailleurs ce qui a fait concrètement la substance de la PNQ du leader de l’opposition mardi à l’Assemblée nationale, le leader du MMM trouve que l’on comprend désormais pourquoi les négociations avec Omega Ark pour l’éventuelle acquisition de l’hôpital Apollo Bramwell se sont étendues sur un délai aussi long de 20 longs mois. Paul Bérenger allègue en effet que tout serait “une question de commission de 4% à être redistribuée”. “Je dois dire que la réponse du Premier ministre à ce propos n’est pas du tout satisfaisante”, trouve-t-il.
Les recettes de la transaction finale font aussi l’objet de commentaires du leader des mauves. Alors que, note-t-il, le groupe CIEL a, en fin de compte, fait l’acquisition de l’ancienne clinique de l’ex-groupe BAI pour quelque Rs 700 millions, Paul Bérenger ne manque pas de souligner qu’au terme du remboursement de diverses dettes accumulées de l’ex-pôle santé de Rawat, il n’est resté que Rs 77 millions en caisses. Ce qui fait que, dit-il, rien que sur cette transaction, Rs 623 millions sont passées sous le nez des victimes de la chute du groupe BAI.  “Ces derniers apprécieront !”, ironise-t-il.
Le leader du MMM rappelle qu’au nombre des dettes qui devaient être remboursées figuraient les contributions manquantes au fonds de retraite des salariés d’Apollo Bramwell. Il souligne que les dettes étaient telles que l’on est allé jusqu’à puiser dans le National Resilience Fund, un fonds spécial mis sur pied à l’époque de Rama Sithanen aux Finances. Revenant à Omega Ark, Paul Bérenger fait référence à la correspondance circulée mardi par Roshi Bhadain laissant comprendre que cette société ambitionnait d’acquérir la MauBank outre Apollo Bramwell.
“Des discussions ont même eu lieu avec le Financial Secretary”, dit-il. “Il est logique de se demander si, là encore, il y aurait eu demande de commissions”, s’interroge le leader des mauves.
Repoussant d’un revers de main l’accusation de l’épouse du ministre des Technologies de l’Information et de la Communication à l’effet qu’on la critiquerait rien que parce qu’elle est une femme, Paul Bérenger déclare ne vouloir qu’être fixé que sur des faits: de 2013 à ce jour, sur combien d’affaires concernant des ministères, des corps parapublics et des sociétés à capitaux d’État la notaire Sawmynaden a-t-elle travaillé et quels ont été les honoraires qu’elle a empochés ?
Paul Bérenger rejette, d’autre part, l’argument à l’effet que ce soit l’acquéreur final de l’hôpital Apollo Bramwell, soit CIEL Group, qui aurait “insisté” pour que l’on retienne les services de Me Wenda Sawmynaden pour la transaction. Il ne manque pas à ce propos de se référer à un courriel daté du 27 mai 2016 laissant comprendre que NIC Healthcare Ltd avait suggéré le nom de Me Sawmynaden quand il était encore question de “deal” à être conclu avec Omega Ark.
“Victoire de Le Pen pas envisagée mais… ”
Commentant, à l’heure des questions, l’abandon des poursuites contre les filles Rawat ainsi que contre d’autres prévenus dans l’affaire BAI, Paul Bérenger évoque de manière générale “l’utilisation abusive” par la police des accusations provisoires, d’abord sous le précédent gouvernement Ramgoolam, puis sous le présent gouvernement. Il rappelle que quand il avait tiré la sonnette d’alarme à propos du cas BAI sous le précédent gouvernement PTr-PMSD, Xavier Duval, alors ministre des Finances, l’avait accusé de faire du “scare-mongering”.
“Déjà, à cette époque, avec en tête ce qui s’était passé dans les Caraïbes, j’avais demandé au gouvernement du jour de faire son travail. Si seulement l’on avait laissé travailler comme il se doit la Financial Services Commission (FSC) sous le précédent gouvernement et sous l’actuel, l’on ne serait pas arrivé là où l’on est aujourd’hui”. C’est donc la manière dont l’actuel gouvernement a géré cette crise BAI que le leader du MMM dénonce surtout. Pour lui, à cet effet, et Xavier Duval et Roshi Bhadain, qui était hier encore au gouvernement, ne peuvent aujourd’hui se dérober. Paul Bérenger assure qu’il avait, lui, pris les précautions d’usage dans sa dénonciation de l’affaire BAI.
Aussi dénonce-t-il vivement la manière dont le permis d’opérer de la Bramer Bank a été révoqué. Ce qui, dit-il, a inévitablement conduit à la mort du groupe BAI. Paul Bérenger ne manque pas de rappeler comment le Premier ministre d’alors, sir Anerood Jugnauth, de même que l’ancien ministre des Services financiers, Roshi Bhadain, avaient tous deux, entre autres, pris le soin d’enlever leurs économies de la Bramer Bank avant que le permis d’opérer de celle-ci ne soit révoqué.”Et c’est ce même sir Anerood Jugnauth qui a aujourd’hui le culot de parler d’amour propre !”
Quant à Xavier Duval et Roshi Bhadain, le leader du MMM trouve qu’ils portent eux aussi la responsabilité de non seulement la mauvaise gestion de la crise BAI, mais aussi d’autres “scandales” du gouvernement du jour auquel ils ont appartenu jusqu’à récemment, dont Heritage City, l’affaire Sobrinho et Omega Ark.
Commentant enfin le deuxième tour de l’élection présidentielle française prévue  dimanche prochain, 7 mai, Paul Bérenger exprime son inquiétude quant aux tentatives, selon lui, d’attiser la haine contre le candidat d’En Marche! Emmanuel Macron, apparenté libéral de gauche, même s’il déclare “ne pas envisager” une éventuelle victoire de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen.
Citant la campagne dans la perspective du vote du Brexit en Grande-Bretagne, celle pour la récente présidentielle américaine et même les dernières législatives à Maurice, le leader du MMM laisse comprendre que les technologies de l’information et de la communication aidant, l’on serait entré dans une sorte d’ère “d’hystérie collective”. N’envisageant donc quand même pas une éventuelle victoire de la candidate d’extrême droite en France, le leader des mauves trouve des raisons d’espérer. Il cite dans ce cas, les législatives à venir en Grande-Bretagne où, note-t-il, l’inévitabilité d’un Brexit est de plus en plus remise en cause, notamment par le parti Libéral démocrate qui fait ouvertement campagne contre le Brexit.