Paul Bérenger, leader du MMM, dénonce le rôle “d’entremetteuse rémunérée” de Youshreen Choomka, nominée politique à l’Independent Broadcasting Authority (IBA), dans l’affaire d’allocation de contrat au Central Electricity Board (CEB) pour la production d’énergie éolienne. Le leader des mauves appelle la nominée MSM à démissionner, “comme l’a fait Vijaya Samputh au Cardiac Centre.” Autre “scandale” dénoncé: l’allocation du contrat valant Rs 210 millions à la société israélienne ECI Telecom pour la fourniture d’équipements de télécommunication pour le compte de CEB FiberNet Co Ltd, filiale nouvellement créée du CEB. Le leader du MMM accuse le ministre de tutelle Ivan Collendavelloo d’avoir “induit l’Assemblée nationale en erreur” dans sa réponse à l’interpellation du député MSM Bashir Jahangheer.  
Paul Bérenger accuse l’avocate Youshreen Choomka d’avoir joué un rôle “d’entremetteuse rénumérée” pour un projet de production d’énergie éolienne. Il considère d’autant plus “révoltant” que la nominée du MSM se soit servie pour ce faire, selon lui, des locaux de l’IBA et du personnel de cet organisme du temps où elle y exerçait en tant que présidente de son Conseil d’administration. Il considère, conséquemment, que Mme Choomka se doit de démissionner “comme l’a fait Mme Vijaya Samputh de la direction générale du Cardiac Centre.”
Le leader du MMM rappelle que toute cette affaire de lobbying fera l’objet, mardi, d’une interpellation parlementaire du député de son parti, Rajesh Bhagwan. Il ne manque pas de souligner comment, comme rapporté par un confrère, la présidente lobbyiste de l’IBA se serait permis, dans ses “négociations” via WhatsApp, de faire référence à nul autre que “the son (…) our future Prime minister and leader of our Political Party.” Paul Bérenger juge, ainsi, “honteux” que Pravind Jugnauth s’est laissé prendre en photo en compagnie du dénommé Dr Soo Song Lee, le Sud-Coréen qui aurait transféré des milliers de dollars à Youshreen Choomka avant l’obtention d’un contrat auprès du Central Electricity Board (CEB).
Prenant particulièrement pour cible Seety Naidu, président du Conseil d’administration du CEB qu’il présente comme “le bras droit” du ministre de tutelle, Ivan Collendavelloo, le leader des mauves accuse l’organisme d’avoir dans cette affaire “activé les choses.” Il annonce, à ce propos, des interpellations parlementaires pour faire la lumière sur cette affaire. En attendant, Paul Bérenger insiste pour que Youshreen Choomka démissionne de son poste actuel de directrice de l’IBA. Une démission, selon lui, “encore plus justifiée que celle de Vijaya Samputh au Cardiac Centre.”
“Collendavelloo a induit le Parlement en erreur”
Enchaînant avec ce qu’il considère être un autre “scandale” concernant, ces jours-ci, le CEB, le leader du MMM évoque l’allocation à ECI Telecom du contrat de fourniture d’équipements de télécommunications à CEB FiberNet Co Ltd, filiale nouvellement créée du CEB pour la fibre optique. Sévère dans ses propos alors qu’il commente cette affaire d’attribution de marché, Paul Bérenger déclare “avoir honte” que le ministre Ivan Collendavelloo ait appartenu au MMM. Il accuse le ministre des Services publics et de l’Énergie d’avoir, la semaine d’avant, “induit l’Assemblée nationale en erreur.”
Le leader des mauves explique, en effet, que dans sa réponse au député MSM, le 25 avril, le ministre Collendavelloo a passé sous silence le fait que le fournisseur israélien ECI Telecom, qui a obtenu un premier contrat de fourniture d’équipements pour une valeur de Rs 210 millions, est en difficulté financière depuis trois ans. Il souligne que dans un rapport, le comité d’évaluation des offres du CEB a remis en question la solidité financière de la société israélienne et a recommandé qu’elle fournisse des preuves de sa capacité à répondre à l’offre qui lui a été faite.
“Si cela a été fait, que l’on donne les renseignements avec les dates et les procès-verbaux des réunions du Bid Evaluation Committee du CEB”, demande-t-il. Insistant sur la valeur de ce premier contrat de fourniture accordé à la société israélienne, Paul Bérenger rappelle que jusqu’à ce que la loi ne soit amendée dans le cadre du vote du dernier Finance Bill, lors de la présentation du budget l’an dernier, tous les contrats de plus de Rs 100 millions octroyés par le CEB devaient nécessairement passer par le Central Procurement Board.
Jusque-là, rappelle le leader du MMM, les soumissionnaires qui estimaient que leurs droits avaient été lésés avaient la possibilité d’interjeter appel auprès de l’Independent Review Panel. Et de souligner que CEB FiberNet Co Ltd et les deux autres filiales nouvellement créées du CEB  n’ont, désormais, plus l’obligation de se soumettre au contrôle minutieux du Central Procurement Board et de l’Independent Review Panel quand il leur faut allouer un contrat dépassant les Rs 100 millions comme dans celui de Rs 210 millions alloués à ECI Telecom d’Israël.
Agaléga: “Pas d’accusation à la légère contre l’Inde”
Commentant, par ailleurs, l’accident de la route ayant coûté la vie à un couple de touristes britanniques et qui est survenu sur la voie express Terre-Rouge /Verdun à la hauteur de Valton, Paul Bérenger affirme que depuis l’ouverture de cette nouvelle route, plus d’une trentaine d’accidents ont eu lieu à cet endroit réputé être un “dark spot.” Il dénonce “l’inaction” des autorités en vue de trouver une solution au problème.
Le leader du MMM note que cet “accident prone area” n’est même pas doté de panneaux d’avertissement. Il parle de mauvaise publicité pour le pays en rappelant que la presse britannique – BBC, notamment – a évoqué ce drame qui a coûté la vie à deux touristes britanniques.
S’il accueille la publication, enfin, des guidelines pour le Corporate Social Responsability (CSR), Paul Bérenger souligne que ce qui doit surtout retenir l’attention est le fait que la toute nouvelle National CSR Foundation retiendra, dans un premier temps, 50% puis 75% de l’ensemble des contributions CSR des entreprises. S’il concède qu’un certain contrôle était nécessaire sur l’utilisation de ces fonds CSR, le leader du MMM craint, dorénavant, une “politisation scandaleuse” de l’utilisation des fonds CSR par la National CSR Foundation.
Enfin, même s’il trouve de manière générale que la vigilance est de mise en matière de préservation de notre intégrité territoriale, Paul Bérenger estime qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter par rapport à Agaléga. “Il n’est surtout pas question d’accuser l’Inde à la légère”, dit-il, en commentant l’aide que nous apporte la Grande Péninsule pour un réel désenclavement de ce territoire mauricien.