Le contre-interrogatoire du main inquiring officer de cette affaire par la défense s’est poursuivi ce matin en Cour d’Assises dans le cadre du procès intenté à Yesudas Veeranah concernant l’assassinat de son épouse le 5 novembre 2005. Lors de la séance, l’avocat de la défense, Me Ashley Hurrangee a relevé plusieurs « failles dans l’enquête », où, a-t-il souligné, l’inspecteur Ranjitsingh Jokhoo « est en train de cacher les faits à la Cour ». Me Hurrangee a une fois de plus confronté le témoin aux points selon lesquels l’accusé aurait été victime de brutalité policière pour avouer le crime. Élaborant sur la reconstitution des faits, Me Hurrangee a soutenu qu’il « serait impossible que la victime ait succombé à une compression of the neck ». L’inspecteur Jokhoo a maintenu pour sa part que tout ce qui a été rapporté est « pure vérité » et que « l’enquête a été menée comme il se doit ».
Le contre-interrogatoire de l’inspecteur Jokhoo a repris ce matin. Après avoir longuement interrogé le témoin depuis l’audience de jeudi sur l’état de santé de Yesudas Veeranah alors qu’il était en détention, Me Hurrangee est revenu sur les entrées faites par les officiers de la MCIT. L’accusé avait été arrêté le 16 novembre et c’est le 23 novembre qu’il avait donné des indications à la police sur ce qui s’était passé avec son épouse. Épluchant de nouveau les moindres entrées du Diary Book de la police, Me Hurrangee a attiré l’attention de l’inspecteur Jokhoo sur le fait qu’à aucun moment il a été mentionné dans le livre que l’accusé avait reçu à manger ou à boire lors de l’enquête. Me Hurrangee a également fait ressortir qu’avant que l’accusé ne décide de se confier à la police le 23 novembre 2005, depuis son arrestation, il a eu à passer plusieurs heures par jour en compagnie des officiers de la MCIT. L’inspecteur Jokhoo devait alors répondre que même s’il n’y a aucune entrée, l’accusé a toujours été bien traité. « Apart from being police officers, we are also human being », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Afin de donner à l’accusé un traitement juste, on ne l’avait pas gardé dans la cellule policière, il était tout le temps dans le bureau. » Me Hurrangee devait alors le confronter aux autres Diary Book entries après que l’accusé s’est confié à la police, où il est mentionné que pendant neuf jours Yesudas Veeranah est resté dans le bureau de la MCIT pour une heure seulement au total. « N’est-ce pas en contradiction avec vos propos selon lesquels l’accusé a toujours été bien traité ? Avant ses aveux, il passait tout son temps dans votre bureau, après le 23 novembre, durant neuf jours, il est resté à la MCIT pour uniquement une heure au total ? », a interrogé Me Hurrangee. L’inspecteur Jokhoo a alors répondu qu’il était conduit au bureau de la MCIT quand il le fallait.
Poursuivant sur la reconstitution des faits, Me Hurrangee a interrogé le témoin sur les raisons qui ont poussé Yesudas Veeranah à revenir sur ses propos au retour de l’Aventure Road en l’absence de son homme de loi. À noter que Yesudas Veeranah était lui en compagnie des enquêteurs dans un véhicule alors que son homme de loi suivait le convoi dans sa voiture. Me Hurrangee l’a ainsi questionné sur l’absence de photos pour le premier exercice de reconstitution des faits. Soulignons que dans sa première version, l’accusé avait indiqué à la police que lors d’une dispute, son épouse avait sauté de la voiture et s’est blessée avec arbustes et les arbres. L’inspecteur Jokhoo a ainsi indiqué à la Cour qu’aucune photo n’avait été prise car tout ce qui avait été indiqué par l’accusé était introuvable. « There were no trees, no bush, the accused himself was confused », a-t-il dit. La défense a alors soutenu que le fait qu’aucune entrées n’a été enregistrée pour cet exercice et qu’aucune photo disponible démontrent que le main inquiring officer « est en train de cacher la vérité ». « I put it to you that the accused was being bullied in the car to give those statements », a soutenu Me Hurrangee. « There is no such practice, Accused know he was lying, perhaps he was feeling remorse and felt that he could not go onlying », a répliqué l’inspecteur Jokhoo. Par ailleurs, la défense a interrogé le témoin sur cet aspect de la reconstitution des faits où l’accusé devait montrer comment le drame s’est joué dans la voiture. Selon la version de Yesudas Veeranah, après la dispute entre son épouse et lui, il aurait tiré les cheveux de cette dernière et coincé sa tête sous sa jambe et son cou se serait alors porté sur la console qui se trouvait près de la boîte à vitesse, c’est ce qui aurait causé sa mort. La cause du décès avait été attribué à une compression of the neck. La défense a contesté ce matin la cause du décès, indiquant qu’il est impossible qu’une personne se retrouve la tête coincée sous la jambe du conducteur et avoir en même temps le cou sur la console. Me Hurrangee a indiqué que vu la taille de la victime, qui faisait environ 1m 65 cm, c’est impossible. « Compression of the neck is impossible unless it is a child of 6 years old », a déclaré Me Hurrangee. L’inspecteur Jokhoo devait alors répondre que c’est ce qu’avait indiqué l’accusé et que lors de la reconstitution des faits, ils ont vu que ce n’était pas impossible. Et d’ajouter : « The accused alone can say what really happened. »
Le contre-interrogatoire s’est poursuivi dans l’après-midi.