Selon l’édition 2015 de la carte annuelle des risques réalisée par Control Risks, cabinet de conseil britannique, Maurice et cinq autres pays africains (Botswana, Cap Vert, Maroc, Namibie et Seychelles) se trouvent dans la catégorie des pays présentant à la fois des risques politiques et de sûreté bas pour les entreprises.
Le rapport de Control Risks qui vient d’être rendu public a fait l’objet de recherches et d’analyses minutieuses sur les risques sécuritaires, géopolitiques et économiques pour les entreprises et les personnes à travers le monde. Intitulé « le nouveau désordre mondial », le document donne un aperçu assez sévère de l’environnement économique et sécuritaire à travers le monde. Les risques politiques pour les entreprises sont mesurés en fonction des réglementations défavorables, de l’insécurité juridique, de l’exposition à la corruption, de la nationalisation ou de sanctions internationales. Les auteurs du rapport considèrent que ces risques seraient assez élevés dans la plupart des pays émergents (Chine, Russie, Brésil, Inde, entre autres). Ils estiment qu’il y a un risque politique élevé au Sahel, en Afrique du Nord et dans une grande partie de l’Afrique centrale.
L’étude de Control Risks indique que le risque politique est moyen dans la plupart des pays d’Afrique australe et orientale. C’est le cas du Rwanda, du Gabon, de la Guinée équatoriale, du Cameroun, du Sénégal, de la Mauritanie, de la Sierra Leone, du Ghana, du Bénin et du Togo. Le risque est, par contre, qualifié « d’extrême » en Centrafrique et en Somalie et « d’élevé » pour des pays comme la Côte d’Ivoire, la Libye, Madagascar, l’Algérie, le Burundi, le Zimbabwe, l’Égypte et la République Démocratique du Congo.
Maurice et le groupe de cinq pays africains précités ont obtenu la note « low » tant pour la définition « political risk » que pour celle de « security risk ». Le rapport précise que la note « low » pour « political risk » signifie que les conditions politiques et opérationnelles pour une entreprise sont généralement favorables : les politiques gouvernementales sont « investor-friendly » avec quelques exceptions, les contrats sont respectés et les acteurs économiques privés n’ont pas d’influence négative sur les décisions du gouvernement. De plus, les infrastructures dans ces pays sont plus ou moins solides. La note « low » pour ce qui est des risques sécuritaires signifie également que les autorités offrent la sécurité voulue contre les crimes organisés, et veillent à ce que des actes terroristes ne mettent en péril la vie des employés ainsi que les actifs de l’entreprise.
Réalisé en collaboration avec des chercheurs de la firme Oxford Economics, le rapport de Control Risks souligne que l’augmentation des risques dans les économies émergentes sont mitigés par les perspectives encourageantes offertes par les pays en développement. « Emerging markets have retained their status as the world’s fastest growing, with expanding economic and geopolitical clout. But their growth prospects have dimmed and risks seem skewed further to the downside », fait-on ressortir.