Le programme de contrôle des naissances mis en place depuis plus de 25 ans a été un succès à Maurice. Mais aujourd’hui il porte atteinte à l’économie du pays. Outre le taux de reproductivité qui stagne à 1.4% au lieu de 2.1%, le pays doit composer avec une population vieillissante. D’où l’appel lancé lors d’un atelier de travail organisé la semaine dernière par la Mauritius Family Planning Welfare Association (MFPWA) sous le thème, « Managing the fertility paradox in the Republic of Mauritius », pour que les familles mauriciennes fassent plus de bébés.
Le but étant non seulement le renouvellement de la population, mais aussi assurer l’avenir de la masse travailleuse et garantir la pérennité de l’économie du pays, tout en réduisant le dysfonctionnement démographique qui existe actuellement.
Les intervenants à cet atelier de travail, dont le ministre de la Santé, ont ainsi plaidé pour une population active qui participera au développement économique de Maurice. « Nous devons sensibiliser les Mauriciens sur la nécessité d’avoir plus d’enfants », a fait ressortir Anil Gayan estimant que les familles ont un grand rôle à jouer pour assurer la pérennité de notre économie.
Disparité qui existe entre  certaines régions et certaines familles mauriciennes
Dans son intervention, la directrice de la MFPWA, Vidya Charan, s’est appesantie sur la disparité qui existe entre certaines régions et certaines familles mauriciennes. Certes, relève-t-elle, le programme de contrôle des naissances est un succès, mais alors que le taux de fertilité a baissé chez certains groupes de femmes, il existe un laisser-aller chez d’autres groupes, parmi lesquels l’âge des femmes donnant naissance rajeunit de plus en plus. Ces mêmes femmes sont, par ailleurs, victimes de pauvreté. D’où le thème de cet atelier de travail, rappelle Vidya Charan, en vue de réfléchir aux solutions à apporter. La présidente de la MFPWA explique que d’une part, pour des raisons personnelles, professionnelles, mais également financières, les femmes mauriciennes choisissent de ne pas avoir d’enfants, de retarder l’âge de leur grossesse ou de limiter le nombre d’enfants qu’elles veulent avoir ; et d’autre part, en dépit des campagnes de sensibilisation, certaines n’exercent aucun contrôle sur leur fertilité. Parallèlement, certaines femmes qui ont des difficultés sont prêtes à débourser pour pouvoir avoir un enfant.
Urgent d’agir
Face à ces paradoxes, il est urgent d’agir, dit Vidya Charan, estimant qu’il faut un réajustement de la politique de planification familiale afin de mieux répondre aux besoins de la société et faire face au vieillissement de la population. Si des mesures pour encourager les femmes à travailler ont été prises dans le dernier budget, des cellules ayant été installées pour garder les bébés, ou encore la mise en place d’un système de flexi-time au travail, elles restent à être mises en pratique. D’où les recommandations de la MFPWA au ministre des Finances pour que le prochain budget fasse provision en vue d’encourager les femmes à avoir des enfants tout en ayant l’assurance qu’elles auront l’encadrement nécessaire pour l’épanouissement de leurs enfants pendant que les parents travaillent.