Au moment même où le prélèvement obligatoire des empreintes digitales pour la nouvelle carte d’identité à puce fait polémique, voilà que se pose un autre débat : le contrôle de présence à l’aide des empreintes digitales. Plusieurs syndicats ont manifesté leurs craintes à propos de cette pratique qu’ils jugent anticonstitutionnelle. La Fédération des Travailleurs Unis (FTU) réclame que le Data Protection Office (DPO) intervienne auprès de la police pour qu’une enquête générale soit initiée dans le monde du travail et que les lecteurs biométriques soit retirés et bannis du marché.
La reconnaissance d’empreintes digitales à des fins de contrôle d’accès et particulièrement pour la contrôle de présence pose problème. Alors que les employeurs (BPO/Centre d’appels, construction, usines, hôtel, entre autres) estiment que le recours à des lecteurs biométriques présente l’avantage de permettre de gérer plus facilement les registres de présence et qu’ils facilitent la vie à l’employé puisque ce dernier n’aura pas à porter une carte sur lui systématiquement – ce qui évite donc les contraintes liées au vol, à la copie ou la perte de la carte –, les syndicats voient en ce système une démarche anticonstitutionnelle. Plusieurs syndicats ont exprimé leurs craintes à propos de cette technologie.
Après le Congress of Independent Trade Unions (CiTU) ou encore la Federation of Civil Service and Other Unions (FSCOU), c’est au tour de la FTU de monter au créneau pour réclamer le retrait immédiat des lecteurs biométriques d’empreintes digitales dans le monde du travail. La Fédération a sollicité en ce sens le ministère du Commerce et de l’Industrie, celui du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi mais aussi le commissaire de police. Du ministère du Commerce, la FTU réclame que ces appareils biométriques soient retirés en urgence du marché et qu’ils soient bannis de la République mauricienne.
Interrogé ce matin, Atma Shanto, le négociateur de la FTU, soutient que le recours à ces appareils pour enregistrer la présence des employés se fait dans le privé et tout aussi bien dans le secteur public et les corps para-étatiques. « Il n’est pas normal que des employeurs imposent cette pratique à leurs employés pour enregistrer l’attendance. C’est une démarche anticonstitutionnelle et qui va à l’encontre des Droits Humains et de la Data Protection Act de 2004 », affirme Atma Shanto. Le syndicaliste en appelle au Data Protection Office (DPO), qui dit-il « devrait assumer son rôle », pour qu’à son tour, il interpelle le commissaire de police en vue d’une enquête sur cette pratique dans le monde du travail et que les mesures appropriées soient prises. « Le DPO doit assumer ses responsabilités de chien de garde en ce qui concerne les Droits Humains et les données personnelles telles que les empreintes digitales », estime Atma Shanto. Certains employeurs, affirme le syndicaliste, font fi de la Data Protection Act concernant le prélèvement d’empreintes digitales. Il souligne que tous les Mauriciens sont concernés par cette loi, y compris les employés dans les entreprises. « Il y a une véritable prolifération de machines biométriques lectrices d’empreintes digitales », poursuit notre interlocuteur.
Dans une lettre adressée ce matin aux ministères du Commerce et du Travail et au commissaire de police, le syndicat cite plusieurs compagnies qui ont recours aux empreintes digitales à des fins de contrôle d’accès et de présence. « The Federation des Travailleurs Unis firmly believes that this unilateral technological method is anticonstitutional and a clear infrigement of human rights », écrit-il.