Le gouvernement de Pravind Jugnauth se trouve dans un « gros embarras politique », le vice-Premier ministre et ministre des Terres, et, de surcroît, le président du MSM, Showkutally Soodhun, étant au centre de la controverse. Ce dernier est sous le coup d’une Arrestable Offence compte tenu de la déposition consignée par le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, au QG du Central CID, contre lui, pour des propos diffamatoires et relevant d’une incitation à la haine raciale. Alors qu’une aile au sein du gouvernement semble vouloir atténuer les risques que comportent les menaces du N° 4 du gouvernement contre le leader de l’opposition, d’autres, après avoir pris connaissance de la teneur de Xavier-Luc Duval, réclament que cette affaire soit prise au sérieux et que des mesures soient enclenchées à l’encontre du principal concerné. Inévitablement, la question Soodhun devait être évoquée lors des délibérations du conseil des ministres du jour. Par contre, aux Police Headquarters, le commissaire de police, Karl Mario Nobin, est assis sur « a very hot seat » car le vice-Premier ministre et ministre des Terres, dénoncé dans le cadre d’une Arrestable Offence, devrait quitter le pays demain pour se rendre en mission à l’étranger.
Des indications disponibles dans les rangs du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, qui compte déposer une copie intégrale de l’intervention incriminée de Centre-de-Flacq de mardi dernier, devra s’appesantir sur trois dispositions pénales à savoir des infractions au Prevention of Terrorism Act, au Criminal Code, et également le délit d’incitation à la haine raciale. « Due to his insults, and defamatory speech loaded with religious and racial attacks, I fear and verily believe that this incites acts of violence which may prevent me from carrying out my constitutional function of Leader of the Opposition, disrupt social harmony and peace in this country. I strongly believe that his inflammatory speech encourages acts of terrorism, from which our country has been spared up to now.  Due to his mindset and the fact that he has armed bodyguards, I also fear for my security », devait déclarer en substance le leader du PMSD.
Faisant état de l’intervention de Showkutally Soodhun à Flacq, Xavier-Luc Duval met l’accent sur le caractère violent, menaçant et inflammatoire des propos tenus. Parmi, il fait état des extraits de ce discours du vice-Premier ministre, notamment : « “…Si kouma dir mo bodyguard ti donn mwa revolver mo touy Xavier Duval dan Parlman…(…), mo touy li dan Parlman…apre sa mem ki apel Jihad..” A cet effet, en tenant de tels propos, le président du MSM est passible d’une accusation sous la PoTA « in as much as use of the word Djihad, may be internationally and locally as being associated with misconstrued and is often misconstrued, as being associated with violence and terrorism. »
Par ailleurs, avec une version officielle des échanges de la PNQ sur l’Arabie saoudite à l’Assemblée nationale à partir du Hansard, le leader de l’opposition affirme que Showkutally Soodhun a enfreint la section 288 du Code Pénal car il n’aurait jamais tenu les propos reprochés et qu’à aucun moment il s’en est pris à l’Arabie saoudite. « The words imputed to me are a very serious and ignominious attack on the reputation of Saudi Arabia and the muslim faith and are of such nature as to make the ordinary man think very badly of me. I wish to add that I have the greatest respect for islam and our citizens of the muslim faith as for all religions », souligne-t-il avec force dans sa deposition à la mi-journée au Central CID.
En dernière partie de la déposition, le leader du PMSD accuse le vice-Premier ministre d’avoir agi « against good morals ». « He has failed to promote good administration of Justice and has been Stirring up racial hatred when in his speech he made use of the above threatening, abusive and insulting words with gesture at the abovementioned place with the targeted audience. In so doing he has breached S283 of the Criminal Code which deals with sedition by raising discontent and or disaffection amongst the citizens of Mauritius, in this case the muslim community, and by promoting ill will and hostility between different classes of citizens of Mauritius », s’insurge-t-il en faisant état de sa crainte pour le pays avec une telle démarche du N° 4 du gouvernement et president du MSM.