Les révélations de Week-End de dimanche dernier au sujet d’une analyse de la Banque mondiale à l’effet que la croissance économique en 2012 pourrait être révisée à 1,7% en cas de dégradation de la crise économique en Europe ont provoqué des réactions de retardement du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval. Les risques à la croissance en 2012 avec la conjoncture internationale font également partie des préoccupations du Fonds monétaires international. Dans un premier commentaire public mercredi, Xavier-Luc Duval a tenté d’apporter un démenti à l’existence de cette analyse économique pour ensuite modifier sa ligne d’attaque et s’aligner sur le fait que ce n’est qu’un cas de worst case scnenario. Depuis, il a changé son fusil d’épaule et s’est engagé à mener campagne sur le fait que l’économie ne connaîtra pas ce scénario-catastrophe et que la croissance sera de 3,6-3,7% cette année.
Le Programme-Documment de la Banque mondiale en date du 27 février comprend une relations note du Fonds monétaire international en date du 3 février 2012, soit à la page 56. Antoinette Sayeh, directrice du département Afrique du FMI, fait ressortir dans cette note de quatre paragraphes que « the challenge in 2012 will be to safeguard growth in a difficult external environment and to set the foundation for the future growth through increased public investment and structural reforms while continuing fiscal consolidation to reduce economic vulnerabilities ».
Ce commentaire du FMI confirme que le taux de croissance de Maurice reste un enjeu majeur pour 2012 et que des possibilités de dérapage existent avec une éventuelle dégradation dans la zone Euro, sujette à de graves convulsions économiques.
Pourtant en annexe à ce même document de la Banque mondiale sur le Development Policy Loan de $ 20 millions, soit de la page 50 à la page 55, figure une Letter of Development Policy en date du 3 février 2012 et portant la signature du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval. Cette correspondance ne contient aucune réserve officielle exprimée quant à l’analyse économique de la Banque mondiale.
Au contraire, au troisième paragraphe de la Letter of Development Policy, le vice-Premier ministre et ministre des Finances fait état de « signs of possible major economic downturn ahead which is likely to put all economies into prolonged periods of depressed growth and lead to job crises and falling income ». Il est d’avis que le momentum de la réforme doit être maintenu en ajoutant que « the most critical areas where reforms should continue include competitiveness, productivity, restructuring of public enterprises, disinvestments, restructuring of domestic industries, market diversification, investment climate, social programmes, SME and sustainable development ».
Au cinquième paragraphe de la Letter of Development Policy, le vice-Premier ministre et ministre des Finances laisse parler ses états d’âme au sujet des répercussions sur Maurice du cours mondial du pétrole. Ensuite, il déclare que « the years ahead appear less promising in terms of job creation, expansion of exports of goods and services and FDI flows for instance ».
Enchaînant, Xavier-Luc Duval prévoit que « private sector investment is not likely to remain morose while total investment rate is likely to drop below 24%. In terms of FDI flows, the risk is significant over the loss of potential flows in pipeline ». La conséquence de la conjugaison de ces facteurs se fera sentir avec un scénario de révision à la baisse du taux de croissance.
« If the risks of delays in FDIs and project implementation are factored in and under a growth scenario same as 2009 for the tourism sector is factored in growth is likely to drop below 3%. These possibilities could not be overlooked given the recent experience from the 2008/09 crisis », reconnaît le vice-Premier ministre et ministre des Finances, qui s’étend sur le programme de réforme en cours.
Cette Letter of Development Policy se garde de contester le scénario de croissance de 1,7% de la Banque mondiale en cas d’aggravation de la crise économique internationale évoquée à la page 5 du Programme Document du prêt (voir fac-similé).