Les discussions autour d’un Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement (CECPA) entre Maurice et l’Inde devraient s’accélérer dans les prochains mois. Après une rencontre entre une délégation d’officiels du commerce de Maurice à New Delhi fin septembre 2017, on annonce la tenue d’une nouvelle réunion de travail pour fin novembre 2017 à Port-Louis.
La reprise des négociations bilatérales en vue de la conclusion du CECPA est évoquée par la presse indienne. « India and Mauritius are back on the negotiating table to revive efforts for a free trade agreement that was suspended in 2013 due to disagreement over the Double Taxation Avoidance Agreement (DTAA) », annonce The Hindu BusinessLine cette semaine alors que le Business Standard soutient que les deux parties ont décidé de relancer leurs discussions en vue de la signature d’un accord de libre-échange (Free Trade Agreement). Pour la presse indienne, la révision du traité de non-double imposition Inde-Maurice en 2016 a déblayé la route menant à cet accord de libre-échange.
Citant les propos d’un officiel du gouvernement indien, The Hindu BusinessLine rapporte : « Negotiations are expected to begin full-fledged after the next meeting in November in Mauritius », avant de préciser que le CECPA concernera non seulement le commerce de marchandises mais aussi les services et la facilitation des investissements. « Now that the DTAA has been signed and implemented the bitterness is behind us and the two countries are now ready to go ahead and finalise the CECPA », a déclaré ce même officiel au quotidien en ligne.
Dans les milieux indiens, on soutient que le pays ne doit pas s’attendre à de grandes retombées de l’ouverture d’accès dont vont bénéficier les produits indiens avec le FTA du fait que Maurice est un petit marché. Cependant, on est d’opinion qu’il y a d’excellentes perspectives pour la Grande Péninsule dans le secteur des services dont le tourisme. L’officiel du gouvernement indien interrogé par le quotidien devait faire ressortir que « Mauritius also has trading arrangements and preferences with other countries and regions which Indian investors could take advantage of once the FTA is in place ». Mention est faite de l’appartenance de Maurice aux blocs économiques régionaux que sont le COMESA et la SADC ainsi que des avantages que procure le Système de Préférences Généralisé offert par des pays tels le Japon, la Norvège, la Suisse, les États-Unis, entre autres. « Apart from the economic gains, which could be limited compared to FTAs with larger countries, New Delhi is interested in a free trade pact with Mauritius as it shares a common cultural and historical past and there is a large Indian-origin population residing in the country », ajoute le quotidien.
Pour le Business Standard, les négociations bilatérales sont vues sous un autre angle : « More than economic significance, the trade talks are of strategic importance to strengthen New Delhi’s presence in the Indian Ocean region to counter China’s mega investment plans through its one-belt-one-road (OBOR) initiative », analyse-t-on. Avec un peu plus d’un million de consommateurs, le marché mauricien ne représente pas, d’un point de vue économique, des bénéfices conséquents pour l’Inde. D’où le commentaire d’un officiel du gouvernement indien à l’effet que le CECPA est « more of a friendly gesture ».
La presse indienne relève que les exportations de la Grande Péninsule vers Maurice ont augmenté de 3 % en 2016-2017 pour atteindre 881 millions de dollars, lesquelles exportations ne représentaient que 0,3 % de la valeur totale des exportations indiennes. Quant aux importations de Maurice, elles se sont élevées à seulement 18,4 millions de dollars en 2016-2017, soit 0,0048 % des achats totaux de l’Inde. Cependant, au niveau des investissements directs étrangers, Maurice est la première source avec un montant de USD 15,7 milliards en 2016-2017, soit environ 34 % du FDI total reçu par la Grande Péninsule.
Selon la presse indienne, le CECPA revêt une importance géopolitique et stratégique car il aidera l’Inde à améliorer sa présence dans l’océan Indien en vue de contrer l’influence de la Chine dans la région. Rapportant les propos d’Ajay Sahai de la Federation of Indian Exports Organisation, Business Standard souligne : « One has to keep in mind that China is influencing Mauritius and other countries in the region to a large extent by extending lines of credits and other investment instruments. India should also economically strengthen its interest. »
Par ailleurs, le quotidien rappelle que l’Inde a accordé une ligne de crédits de l’ordre de USD 500 millions pour financer divers projets infrastructurels à Maurice. La Chine également a prévu des investissements massifs en Asie, en Afrique et en Europe dans le cadre du projet OBOR.