Une nouvelle tentative en vue de faire revivre le projet de zone de coopération économique sino-mauricienne à Riche-Terre, connue comme le projet Jin Fei, est actuellement en cours. Annoncé en grande pompe en 2006 comme l’un des plus importants projets de coopération économique avec la République populaire de Chine, le Tianli Project, devenu Jin Fei après un premier échec, n’a pas encore atteint da vitesse de croisière. Répondant à une interpellation du député du MMM Joe Lesjongard lors de la dernière séance de l’Assemblée nationale de l’année, le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval a dressé un quasi-constat d’échec de ce projet, qui devait servir de tremplin pour faire de Maurice un hub économique entre la République populaire de Chine et l’Afrique.
Le VPM et ministre des Finances, tout en confirmant la présence actuelle à Maurice d’une importante mission technique chinoise menée par le Vice-Secretary General de la China Association of Overseas Development Zones, n’écarte pas la possibilité que ce projet de zone de coopération économique soit revu et corrigé dans une tentative de relance. « There is no doubt that the project is behind schedule. There is no doubt that the project has not taken off as quickly as Government would have hoped, but there is also a bilateral consideration. We are dealing with the Government of China », devait-il concéder à une interpellation supplémentaire du même député de l’opposition.
« The Vice-Minister of the People’s Republic of China has sent a very technical and high level delegation which is in Mauritius at this moment in time to see if the whole project needs to be reshaped ; to be marked more properly and if it needs to be twinkled or amended in any way. These people are here. We are looking very closely at the matter, but there are bilateral issues involved. There is a lot of money which has been spent by the Mauritian Government, but also by the Chinese counterpart », a poursuivi Xavier-Luc Duval, qui soutient que toute révision de la configuration du projet devra tenir compte du fait que des investissements directs étrangers de Rs 1,7 milliard ont été injectés dans cette zone de coopération économique jusqu’ici.
La délégation comprend des consultants, des Master Planners et des experts dans le domaine de création de zones de développement économique et d’échanges commerciaux. « We have a delegation here to look at the whole concept again and whether it needs to be revamped in any way. It is not being left by the side ; it is being promoted actively. It is going on slower than before, but it is an excellent project », devait-il tenter de rassurer la Chambre.
À ce jour, sur les 172 hectares alloués dans la région de Riche-Terre, seule une superficie couvrant quatre hectares est exploitée économiquement par des promoteurs de projets. Les promoteurs chinois de Jin Fei ont sous-loué des terrains de l’État à quatre entités chinoises, soit la Mauri-China Freezone Development Limited de Hong Kong pour des activités dans le domaine des logistiques et de la distribution avec des facilités d’entreposage, la Goldox Limited de la RPC pour des travaux de génie et de décoration, la Fujian Shengli de la RPC engagée dans le Food Catering et la Business Line du Moyen-Orient, spécialisée dans le commerce des équipements lourds à travers le monde.
Entre-temps, Jin Fei est en négociations avec plusieurs groupes d’affaires internationaux pour la signature de Memoranda of Understanding en vue de leur installation dans la zone économique de Riche-Terre. Trois MoU portant sur une superficie de 84 hectares ont déjà été signés à cet effet. Les Chinois de Jin Fei versent au gouvernement une somme annuelle de Rs 9 millions, soit Rs 52 325 par hectare sous forme de location à bail.
Invité par le député Alan Ganoo à préciser si Jin Fei est habilité à procéder à la vente des terres de l’État mises à sa disposition, le VPM et ministre des Finances a déclaré que « The plots are not for sale they are for lease. They were leased to Jin Fei. Jin Fei is sub leasing to others. Now there are conditions to who they can be leased to. They can be leased to foreigners, to Mauritians for construction of buildings to be used by foreigners. These are the two conditions that I am aware ».
De son côté, le leader du MSM, Pravind Jugnauth, a soulevé une éventuelle violation du Lease Agreement avec le projet de construction de complexes résidentiels destinés à des étrangers et à des Mauriciens. « I am sure that the hon. Vice-Prime Minister is aware that Article 2 of the agreement states that the purpose of this lease is for development of the economic trade and cooperation zone by the zone company in accordance with development guidelines of the lessor. Will the hon. Vice-Prime Minister agree that if Jin Fei had been given the authorisation to construct residential units and so on for sale to Mauritians and foreigners that would be in direct violation of Article 2 of the lease agreement ? Will he agree to that ? » s’est-il demandé.
Jusqu’ici, le gouvernement a investi Rs 267,4 millions dans l’infrastructure, dont Rs 90 millions dans les routes, Rs 80 millions dans le tout à l’égout et Rs 94,9 millions pour des travaux d’adduction d’eau dans la zone économique de Riche-Terre.