La Commission de l’océan Indien (COI) organise conjointement avec l’Onu un atelier de travail consacré à la paix et à la sécurité dans la région de l’Indianocéanie. C’est le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, qui a procédé hier à cette ouverture en sa qualité de président de la COI. Il a, à cette occasion, exposé l’ampleur des problématiques de sécurité et appelle à la communauté internationale afin de soutenir les efforts consentis par les pays de la région et les organisations régionales pour maîtriser les risques d’instabilité.
Vishnu Lutchmeenaraidoo a fait de la question de la sûreté maritime un des axes prioritaires de sa présidence. « La région est très vulnérable à de nombreuses menaces, comme le trafic de drogue, la pêche illégale et le pillage des ressources marines, la piraterie, le trafic humain, la contrebande et le terrorisme », a-t-il dit. Il se réjouit de l’intérêt que porte l’Onu à la région et a profité de l’occasion pour souligner que des ressources onusiennes et autres devront être déployées « dans les plus brefs délais » compte tenu de l’urgence de la situation. Le ministre estime qu’il faudra un engagement « encore plus ferme » pour mettre à la disposition de la région davantage de moyens pour contrer efficacement les divers dangers qui guettent l’Indianocéanie.
« Les pays membres de la COI possèdent ensemble 4 millions de kilomètres carrés d’océan. Nous n’avons pas les moyens de contrôler un espace aussi immense. Il nous faut le soutien de l’Onu et d’autres institutions internationales pour que nous puissions assurer la sécurité de la région », affirme le ministre. Ce dernier a également fait part de ses inquiétudes face à l’ampleur du commerce de stupéfiants par voie maritime dans la zone. La région, dit-il, « est devenue une plaque tournante dans le circuit international de la drogue ».
Evoquant les différentes initiatives de la COI pour mieux surveiller nos mers et maîtriser le crime organisé, il a rappelé la mise en opération du centre régional de fusion de l’information maritime, basé à Madagascar. Un centre régional de coordination sera en outre bientôt opérationnel aux Seychelles.
La COI prendra la présidence du groupe de contact sur la piraterie au large des côtes somaliennes, ce qui lui permettra de mieux asseoir son action. L’organisation régionale mise beaucoup sur l’échange de renseignements entre les services nationaux compétents pour maîtriser les risques sécuritaires dans la région.
Le ministre Lutchmeenaraidoo préconise par ailleurs le recours à l’aide de l’United Nations Office on Drugs and Crime, une structure onusienne spécialisée dans le combat contre le crime organisé à l’échelle internationale. Il annonce la tenue d’une « très importante réunion » des ministres de l’Intérieur des pays membres de la COI en novembre prochain pour débattre des questions sécuritaires et y trouver des solutions durables. Les observations et recommandations du présent atelier COI-Onu serviront de base de travail pour les ministres de l’Intérieur.
Le secrétaire général de la COI, Hamada Madi, a par ailleurs évoqué les nouvelles donnes géopolitiques au sein de l’Indianocéanie et les foyers d’instabilité qu’il importe de maîtriser. Samba Sane, directeur adjoint de la division Afrique de l’Onu, a pour sa part fait état de l’appui de l’Onu pour permettre aux pays de la région de mieux cerner les menaces et leurs causes profondes, de même que les moyens de prévention. À noter que la conférence prend fin aujourd’hui.