Des changements d’ordre pratique sont intervenus dans le cadre du programme de transfèrement des pirates somaliens appréhendés par les autorités britanniques dans la lutte contre la piraterie dans cette partie de l’océan Indien. Le gouvernement, après consultations au plus haut niveau, a ainsi donné son accord au projet visant à effectuer le transfèrement de ces détenus somaliens par avion pour les procès à être instruits devant le tribunal spécial siégeant à Port-Louis. Les autorités mauriciennes se disent prêtes à accueillir le premier contingent dès la mi-septembre.
Initialement, la réception des prisonniers somaliens devait se faire par voie maritime et des exercices entre des éléments de la National Coast Guard (NCG) et d’autres Law Enforcing Agencies en collaboration avec la marine française ont eu lieu récemment en rade de Port-Louis. Après analyse des données sur le terrain, la décision a été entérinée que le moyen le plus efficace et plus rapide reste le transfèrement des pirates somaliens par avion.
« Par voie maritime, le transfèrement des pirates de la région de la Corne de l’Afrique ou encore du nord-ouest de l’océan Indien prendra du temps. La formule idéale est de les débarquer notamment aux Seychelles après leur capture en mer et ensuite les embarquer à bord des Transalls ou autres unités pour les acheminer en moins de quatre heures », souligne un des responsables de la cellule spéciale mise en place à cet effet.
Toute la logistique pour la réception des Somaliens a été passée en revue au cours de la semaine lors des séances de travail avec les représentants du Prime Minister’s Office, du Département de l’Aviation Civile, de l’Airport of Mauritius Limited, des services de quarantaine et du département sanitaire du ministère de la Santé et de la police qui assure la coordination. Une des premières décisions est que lors de l’arrivée des pirates somaliens sur le sol mauricien, ils ne bénéficieront pas de visa de séjour du Passport and Immigration Office, comme c’est le cas des autres ressortissants débarquant dans le pays.
De concert avec les partenaires étrangers, le gouvernement allouera des Temporary Landing Rights aux prisonniers somaliens pour une durée de 72 heures, soit le temps qu’ils soient placés techniquement « Under Judicial Control ». Un desk spécial sera aménagé dans l’enceinte de l’aérogare pour éviter un minimum de contact entre ces passagers à risque dans tous les sens du mot et le flot normal à l’aéroport.
L’une des premières mesures de précaution d’urgence concerne l’état de santé des pirates somaliens. Dès leur descente d’avion, ils devront subir un screening médical complet. Deux Detention Centres seront aménagés à leur intention, soit l’Alcatraz Detention Centre et les cellules du poste de police des Line Barracks. La capacité maximale sera d’une trentaine de pirates étrangers, dont au moins 24 à l’Alcatraz Detention Centre. De ce fait, ces centres de détention ne seront plus utilisés par la police pour l’incarcération des personnes appréhendées pour des délits de nature pénale.
En prévision de la réception du premier groupe de prisonniers somaliens, soit une douzaine, à partir de la mi-septembre, les autorités prévoient la tenue d’un exercice de simulation de réception de détenus au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport au cours de ce mois en vue de « fine tune » les procédures et la coordination entre les différents services engagés.