La députée de l’Opposition, Maya Hanoomanjee, a demandé au gouvernement la garantie d’une coordination entre les planteurs et les manufacturiers de tabac et de thé, sous le National Agricultural Products Regulatory Office (NAPRO), nouvel organisme qui centralise toutes ces activités agricoles. C’était hier, au Parlement. Le ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, Satish Faugoo, devait ainsi annoncer la mise en place des comités de consultation à leur intention.
La députée Hanoomanjee devait exprimer la crainte qu’avec la suppression des Tobacco et Tea Boards et l’arrivée du NAPRO, les planteurs et les manufacturiers de tabac et de thé n’aient plus une plateforme pour s’exprimer. Car, observe-t-elle, huit planteurs et deux manufacturiers siégeaient sur le Tea Board. De même pour le tabac. « They will no longer be heard », affirme-t-elle et de souligner qu’il reste encore trois usines de thé qui sont opérationnelles, à savoir Corson, La Chartreuse et Bois-Chéri.
Évoquant les permis d’importation en ce qui concerne le tabac, Mme Hanoomanjee indique qu’un représentant de la Mauritius Revenue Authority (MRA) faisait partie du Licence Committee et elle s’interroge, entre autres, sur « le fonctionnement de ce comité avec la nouvelle loi et les conditions requises pour avoir une licence. Qui prendra la décision ? ». Et d’observer qu’à un moment de l’histoire, l’on préconisait la décentralisation alors qu’aujourd’hui, on revient à la centralisation. Par conséquent, elle note qu’il y a une diminution considérable du nombre de corps para-étatiques qui, à un moment donné, s’élevaient à 20 au sein de ce ministère. Maya Hanoomanjee a aussi donné un bref aperçu de l’évolution de l’industrie du tabac et du thé à Maurice.
Réduction de 87,5 % des coûts
Répondant à ces interrogations, le ministre Faugoo devait confirmer qu’il y a effectivement une centralisation. « Ceci reflète la réalité économique dans un système globalisé », affirme-t-il. Et d’indiquer que la centralisation des six corps para-étatiques sous un seul organisme permet au gouvernement de réduire les coûts de 87,5 %. Il note d’ailleurs que c’est en raison du coût élevé de production de tabac qu’il y a eu un transfert au Kenya en 2009.
Satish Faugoo indique que les planteurs et les manufacturiers pourront toujours se faire entendre à travers des comités consultatifs qui seront mis en place. Il rassure Mme Hanoomanjee que dans aucun cas, la décision d’octroyer une licence sera prise par une seule personne. Celle-ci se fera sous la supervision de l’Officer in charge et d’un Supervisor du ministère de tutelle. Il affirme que le NAPRO sera un corps indépendant et que le ministre n’aura aucun pouvoir à l’exception de recevoir les appels du public. « No power will be given to the minister except for appeal », insiste-t-il. D’ailleurs, une clause de la loi stipule que la personne concernée peut aussi en cas d’insatisfaction interjeter appel à la Cour suprême.