MAUDESCO, une ONG mauricienne qui milite en faveur de la promotion de l’environnement, appelle à « un changement drastique de notre style de vie et notre mode de production et de consommation car, les experts le soulignent, c’est principalement notre style de vie qui est responsable de la situation actuelle qui affecte la planète ». Selon son directeur exécutif, Rajen Awotar, pour pouvoir réduire de manière conséquente les émissions de gaz à effet de serre, tous les pays, surtout les pays industrialisés, devront mettre en place un modèle de développement qui n’est pas basé sur la consommation à outrance des énergies fossiles, charbon et pétrole principalement.
Analysant les décisions prises il y a un peu plus d’un mois à Paris lors de la COP 21, Rajen Awotar déclare que cette transition passe d’abord par des actions de chaque pays et les politiques de protection de l’environnement et un modèle de développement durable. « La COP de Paris propose une réduction substantielle des émissions de gaz à effet de serre (GHG) au niveau mondial de sorte que le réchauffement de la planète soit en deçà de 2 degrés Celsius ou même à pas plus de 1,5 degré Celsius et pas plus d’ici la fin du siècle. Au-delà de 2 degrés Celsius, ce serait catastrophique pour les écosystèmes, ainsi que les populations africaines et les Petits États insulaires en développement (PEID) », dit-il.
L’accord de Paris, rappelle Rajen Awotar, met l’accent sur le renforcement des capacités et l’éducation. « Nous pensons que l’éducation et le renforcement des capacités ne concernent pas que les officiels des gouvernements mais toute la population », dit-il. S’agissant du financement, il rappelle qu’à Copenhague en 2009, le président américain Barack Obama avait proposé la création d’un fonds de 100 milliards de dollars d’ici 2020 « mais à ce jour, on n’a recueilli que 10 milliards de dollars pour financer que huit projets ». « C’est vraiment ridicule ».
Rajen Awotar estime que la vingtaine de différents fonds mis en place pendant les dernières COP doivent être opérationnels dès 2017, sans attendre 2020, « pour que les pays affectés puissent entreprendre des activités d’adaptation, éradiquer la pauvreté, mettre en place les infrastructures nécessaires qui résisteront au changement climatique ».
MAUDESCO soutient, par ailleurs, la demande de Maurice pour obtenir une somme de 5,2 milliards de dollars en vue de financer ses projets d’adaptation et mitigation du changement climatique. « Les 52 PEID ne contribuent rien en termes de gaz à effet de serre ; ils sont plutôt victimes du changement climatique causé par les pays industrialisés. Ces derniers sont tenus de les aider à faire face aux effets du changement climatique », conclut-il.