Alors que la France s’apprête à accueillir en décembre 2015 un événement international majeur avec la 21e Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations unies sur les Changements Climatiques (COP21), l’Institut Français de Maurice dédie son programme de la rentrée aux problématiques écologiques et environnementales. Exposition, débats, projections… Une semaine pour s’interroger et entrevoir des solutions possibles pour l’avenir de la planète.
« La France accueillera et présidera la 21e conférence des parties de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, appelée aussi COP21, du 30 novembre au 11 décembre 2015. L’Ambassade de France à Maurice s’investit localement autour de cet événement. Du 1er au 4 septembre (voir encadré) se tiendra la Semaine du Climat à Maurice », a annoncé le directeur de l’Institut Français de Maurice (IFM), Jean-Luc Maslin, jeudi lors d’une rencontre avec la presse au siège de l’IFM à Rose-Hill. Il était entouré de Sophie Maysonnave, première conseillère à l’ambassade de France à Maurice, du climatologue Edward Bard, Professeur au Collège de France, de Matthieu Discour, directeur de l’Agence Française de Développement, et du Dr Vincent Florens, professeur agrégé en écologie à la Faculté des Sciences de l’Université de Maurice.
Jean-Luc Maslin a ajouté que l’Ambassade de France à Maurice se mobilise afin de sensibiliser un large public aux questions du dérèglement climatique. « Ces derniers mois, plusieurs événements ont été organisés dans cette optique tels qu’un spectacle de marionnettes à l’intention des écoles mauriciennes et françaises, en partenariat avec le projet ISLANDS de la Commission de l’océan Indien. Ou encore un Dialogue avec la société civile pour les 20 ans du GEF Small Grants Programme mis en oeuvre par le PNUD », a-t-il rappelé. « L’Ambassade de France accorde donc une attention particulière à la société civile et aux ONG, mais agit également auprès du gouvernement mauricien, puisqu’elle a accompagné l’Agence Française de Développement (AFD) pour mettre en place une aide technique à la préparation de la “contribution nationale” de Maurice, fournie par Expertise France », a-t-il poursuivi. Une « contribution nationale », ou INDC (Intended Nationally Determined Contributions) est un document contenant les objectifs nationaux que se fixe un État pour réduire ses émissions de GES d’ici à 2050.
Élaborant sur la 21e conférence des parties de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris, Sophie Maysonnave précise que cet événement se déroulera au Parc des expositions Paris-Le Bourget. « Les négociations internationales sur le climat se déroulent chaque année dans le cadre d’une Conférence des parties (COP) regroupant les 196 États membres de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. En tant que future présidente, la France a pour ambition de conclure une “Alliance de Paris” répondant au défi du dérèglement climatique en travaillant sur quatre volets », a-t-elle expliqué.
Le premier de ces volets est un accord « universel juridiquement contraignant, ambitieux, flexible, équilibré, durable et dynamique ». « Cet accord doit permettre de contenir le réchauffement climatique global sous le seuil des 1,5° ou 2 °C – seuil au-delà duquel les impacts ne seront plus contrôlables (inondations plus fréquentes, événements météorologiques extrêmes, augmentation de la pauvreté, etc.) – et d’adapter les sociétés aux dérèglements déjà existants », a expliqué Sophie Maysonnave.
Puis le financement vert : « Cet accord doit permettre de soutenir les pays en développement et de favoriser la transition vers des économies sobres en carbone et résilientes. Les pays développés se sont engagés à fournir 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, de sources publiques et privées, multilatérales, bilatérales et innovantes. En attendant cette date, le volet financier de l’accord vise aussi à orienter dès aujourd’hui les milliers de milliards de l’investissement privé vers l’économie bas-carbone ».
Le troisième volet concerne les contributions nationales : « Tous les États participants à la COP21 se sont engagés à fournir des contributions nationales (Intended Nationally Determined Contributions – INDC) correspondant aux objectifs qu’ils se fixent pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Elles doivent être aussi ambitieuses que possible, au regard des capacités et responsabilités respectives, et doivent contenir des actions d’atténuation et d’adaptation », a-t-elle indiqué.
Et enfin, l’agenda des solutions ou le “Lima-Paris Action Agenda” : « Cet agenda met en avant les initiatives et solutions proposées par l’ensemble des acteurs intéressés par la lutte contre le dérèglement climatique : les territoires (villes, régions), les entreprises, les ONG et communautés locales afin d’apporter des réponses immédiates et concrètes, avant l’entrée en vigueur de l’accord en 2020. Ce volet permet de porter un message d’opportunités économiques et sociales liées au défi climatique et de contribuer à renforcer les initiatives déjà engagées », a-t-elle dit. Sophie Maysonnave a ensuite parlé de l’organisation matérielle de la COP 21.
Matthieu Discour a de son côté expliqué que l’AFD est « un acteur majeur et innovant » du financement au niveau international. « À Maurice, depuis la reprise de ses activités en 2007, l’AFD a apporté un appui constant au gouvernement de Maurice et au secteur privé dans ses efforts de lutte contre le changement climatique », a-t-il rappelé en citant des exemples.