Le ministre de l’Environnement Alain Wong a annoncé que Maurice présentera un plan d’investissement concernant le financement des projets d’énergies renouvelables à la COP22, qui se tiendra à Marrakech, au Maroc, en novembre de cette année. C’était hier lors de son intervention au Women’s Forum à l’hôtel Sugar Beach, à Flic-en-Flac. Il répondait aux propos de Laurence Tubiani, nommée « championne » pour le climat, dont le rôle est de maintenir la dynamique enclenchée par l’accord de Paris (COP21) en 2015, et qui a annoncé le lancement d’une initiative qui donnera la possibilité aux gouvernements des pays en voie de développement de trouver des sources de financements auprès d’autres gouvernements, de bailleurs de fonds et du secteur privé.
Le ministre Wong devait, lors de son intervention, expliquer que Maurice dépend à 80 % de l’énergie fossile et que l’accès aux énergies renouvelables est difficile, et ce pour des raisons financières. « C’est, dit-il, un des défis que Maurice devra relever d’ici 2025. » Faisant référence à l’accord de Paris – qui s’est fixé comme objectif, entre autres, le financement en faveur des pays du Sud à hauteur de USD 100 milliards minimum par an à partir de 2020 –, il estime qu’il « faut savoir comment y avoir accès ». D’autant plus que Maurice fait partie des Petits états insulaires vulnérables aux changements climatiques. Laurence Tubiani, qui prépare la COP22, affirme : « L’instrument financier est un élément clé dont vous avez besoin. Les pays comme Maurice ont besoin de savoir très tôt quel type d’accès au marché des capitaux ils pourront avoir, de même que quels types de soutiens ils peuvent obtenir et à quel prix. Nous ne pouvons donc pas attendre 2020 pour le faire. C’est pour cette raison que nous avons décidé de lancer une initiative qui réunira les gouvernements et les institutions financières à Marrakech et j’espère que Maurice en fera partie. Il est important de savoir quelle sera la réaction des institutions financières publiques et privées. Nous devons avoir autour de la table des institutions comme la banque mondiale parce qu’il est important que celles-là ne sentent pas qu’elles doivent soutenir les coûts et faire face aux risques seules. L’idée est de ne pas attendre 2020 en accélérant le mouvement. Il est important que les pays puissent dire ce dont ils ont besoin et venir de l’avant avec un plan d’investissement. » Ce à quoi le ministre Wong a rassuré Laurence Tubiani et l’assistance à l’effet que « Maurice utilisera à bon escient les fonds “which we need especially for renewable energy which is really difficult for us to access” ».
Par ailleurs, le ministre Wong affirme que « le pays s’adapte » aux effets du changement climatique. « Il a déjà fait une évaluation de l’érosion des plages sur 17 kilomètres », dit-il. « La construction des “dams”, poursuit-il, serait la solution pour capter l’eau douce, dont 90% vont à la mer. » Pour lui, tout un chacun doit s’engager pour s’adapter et réduire l’émission de carbone.
Intervenant plus tôt à cette session, Laurence Tubiani devait souligner qu’un certain nombre de pays, dont les Etats-Unis, se sont joints à l’Union européenne à la « high ambition coalition » en vue d’arriver à un accord pour faire face aux effets du changement climatique. Elle note aussi que les PEID jouent un rôle important pour pousser tout un chacun à agir. « Il y aura certainement des heurts entre pays, mais c’est un mouvement global », dit-elle, avant de rappeler que les PEID jouent un rôle important dans le maintien de la question du changement climatique comme priorité. Selon elle, « tel est le cas pour d’autres pays également, et ce malgré les crises diverses dont le monde fait face, comme la récession, le terrorisme, la guerre et le chômage », parmi d’autres.