This picture taken on February 6, 2020 shows South Korean news anchor Lee So-jeong attending a rehearsal of a primetime newscast at KBS, South Korea's national public broadcaster, in Seoul. - Five times a week, Lee So-jeong is beamed into living rooms across the country leading its "News 9" bulletin, after she shattered a decades-old glass ceiling in a society that is technologically and economically advanced, but still culturally male-dominated. (Photo by Jung Yeon-je / AFP) / TO GO WITH AFP STORY SKorea-social-media-gender,FOCUS by Kang Jin-kyu

Les yeux rivés sur un prompteur, la présentatrice Lee So-jeong répète une nouvelle fois son texte à quelques minutes du journal télévisé le plus regardé de Corée du Sud.

Depuis novembre, elle est la première femme à occuper une telle fonction dans un pays où, pendant des décennies, ce rôle prestigieux était réservé aux hommes.

Cinq fois par semaine, cette quadragénaire s’invite dans les foyers avec « News 9 », le journal télévisé de la chaîne publique KBS.

Bien qu’économiquement et technologiquement très avancée, la Corée du Sud demeure culturellement dominée par les hommes.

Jusqu’à l’arrivée de Mme Lee, les journaux télévisés ne faisaient pas exception à cette règle: un homme d’âge mûr relatait avec sérieux les principales nouvelles de la journée et une femme beaucoup plus jeune lui succédait pour les informations plus légères.

Certaines de ces jeunes présentatrices ont disparu des écrans après avoir abandonné leur carrière pour épouser un membre d’une des familles « chaebol », nom donné aux conglomérats sud-coréens.

L’arrivée de Mme Lee est donc venue bousculer les traditions. A 43 ans, elle officie au côté d’un homme plus jeune qu’elle et nourrit de grandes ambitions.

La journaliste a expliqué à l’AFP vouloir bousculer le côté traditionnel de KBS, afin notamment de capter le jeune public rebuté par des émissions qui ont tendance à « donner des leçons aux téléspectateurs ».

Depuis son arrivée en novembre à la tête du journal, la part d’audience de son programme est passée de 9,6 à 11%.

Mais elle a bien conscience qu’elle n’a aucun droit à l’erreur.

– Forte pression –

« Si j’échoue, cela pourrait déshonorer l’ensemble des femmes journalistes », affirme-elle, soucieuse de « bien faire » afin d’offrir à ses confrères féminines « plus d’opportunités ».

Elle avoue même que cette pression est plus forte que celle ressentie lors de la présentation en direct des informations.

En Corée du Sud, douzième économique mondiale, les valeurs sociales traditionnelles perdurent.

L’écart de rémunération entre les hommes et les femmes est le plus élevé des pays développés.

En moyenne, les femmes ne gagnent que 66% du salaire des hommes et les mères qui travaillent se doivent d’être tout aussi irréprochables en matière d’éducation des enfants que dans leur milieu professionnel.

Beaucoup peinent à mener de front vie professionnelle et vie familiale et se retrouvent contraintes de renoncer à leur carrière.

Cette pression sociale a conduit de nombreuses sud-coréennes à renoncer à la maternité.